L’enfer de la chasse.

Premier jour.

Dès l’ouverture de la chasse, des coups de feu ont retenti autour de la résidence. On interdit pourtant aux chasseurs de s’approcher des zones d’habitation. Nous dirons donc que le vent a rapporté des échos des tirs des chasseurs, et non pas qu’ils étaient sur les hauteurs de la ville, là où bon nombre d’animaux tels que des cervidés, des lapins ou encore des rapaces de diverses espèces peuvent être observés… C’est la période de l’année durant laquelle on se garde bien d’approcher ces zones marquées de panneaux rouges avec mention « Propriété privée : défense d’entrer, chasse gardée » et délimitée par d’affreux barbelés.

Les canards aussi…

Je n’avais jamais pensé aux canards. La chasse s’apparentait jusque là à une activité en forêt, à attendre bien caché dans son buisson que la cible sorte de son abri. Je ne pensais pas à ces huttes dissimulées dans les zones de dunes, dans les marais. J’ai d’abord aperçu de faux canards en surface de points d’eau et déjà, j’ai fait la grimace. Nous marchions le long du canal de l’Orne. Je ne pensais qu’à rejoindre la mer en traversant les marais, je ne pensais qu’à la possibilité de sentir les embruns marins tout en observant les aigrettes, les grues et autres oiseaux qu’on aime observer dans ce genre d’environnement. Et au milieu des marais, il y avait ces huttes recouvertes de gazon artificiel, bien camouflées, avec une ouverture restreinte et assez large pour certainement sortir le canon du fusil et tirer. Plus tard, il y a eu cet homme, avec une camionnette garée non loin. Il ne s’agissait plus de leurre mais de canards bien vivants jetés à l’eau, accrochés à des petites plateformes reliées entre elles par une corde. Ils étaient piégés. On pouvait les entendre crier. L’un d’eux se battait avec la corde, il s’agitait, se tortillait, il aurait pu se noyer si l’homme n’était pas descendu dans l’eau. Il n’avait aucune intention de le libérer mais plutôt de l’installer comme il le fallait pour qu’il remplisse au mieux sa mission : servir d’appât.

Expliquez-moi !

J’ai pensé à aller les libérer. J’étais en colère. Ce genre de colère sourde, survenue de nulle part qui ne demande qu’à exploser. Je n’ai rien fait pourtant et je me suis sentie lâche. Je n’aurais pas pu faire grand chose pourtant, cet homme pratique un sport, une activité autorisée et réglementée. Il n’en reste pas moins cette question que je me pose sans cesse à cette même période de l’année : quel est l’intérêt d’une telle activité ? 

J’admets mon ignorance au sujet de la chasse. Rois, grands seigneurs, comtes et autres gens d’importance ont offert par le passé des parties de chasse sur leurs grandes propriétés, en l’honneur de leur souverain ou tout simplement de leur propre réussite. Présentée comme un sport, j’en ignore les règles. Je suis persuadée que la réglementation a été étudiée pour que la chasse soit une activité juste pour qu’elle ne mette pas en danger la survie d’une espèce. Rien ne semble assez bon pour justifier cette activité. De là à penser qu’elle est nécessaire pour limiter le nombre de « bêtes sauvages » dans nos villes, j’ai juste envie de crier au scandale ! Et d’ajouter que si nous n’avions pas détruit les environnements de vie de certaines espèces animales en plus de ne pas savoir gérer notre surplus de déchets (et j’inclus le gaspillage alimentaire), ces « bêtes sauvages » n’envahiraient pas nos rues à la recherche de nourriture dont nous les avons privées (vous réalisez le cercle vicieux et l’absurdité de la situation ?). Il n’est pas concevable non plus que de nos jours la chasse soit considérée comme une activité vitale à notre survie et notre régime alimentaire : pour ça, on va dans un supermarché ou chez le boucher et on achète son morceau de viande.

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2 commentaires sur “L’enfer de la chasse.

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