RĂ©veil difficile

Lundi matin, 7 : 00. Je sens la petite Lilly gratter la couverture polaire que j’ai rajoutĂ©e sur le lit, j’entends Fluffy miauler, et Aunisse est assise sur le tapis occupĂ©e Ă  se gratter. Aucune doute : ils attendent que je me lĂšve pour manger. Cette petite chatte semble avoir dĂ©cidĂ© de rester avec nous et je n’ai pas le coeur Ă  la laisser. J’ai la tĂȘte lourde, j’ai besoin de cafĂ©, et ces trois boules de poils gourmandes qui jouent Ă  qui se frottera le plus contre mes jambes me paraĂźt difficile Ă  gĂ©rer. Je les repousse doucement du bout du pied et leur donne chacun ce qu’il leur faut de pĂątĂ© pour chats, avec un tout petit peu de lait coupĂ© Ă  l’eau. Je retourne me mettre au chaud le temps d’une tassĂ© de cafĂ©. DĂ©cidĂ©ment les matins sont trop frais, et avec ces trois-lĂ , bien trop agitĂ©s.

Il est plus de 8:00 quand je me dĂ©cide Ă  passer la deuxiĂšme. Je sors du brouillard avec une assiette de pĂątes rĂ©chauffĂ©es au micro-ondes – je vous ai dit que j’aimais manger salĂ© le matin. Il me reste 45 minutes pour me prĂ©parer. Tout va bien, la douche est rapide, je m’habille avec une tenue prĂ©parĂ©e la veille, un maquillage lĂ©ger juste pour le teint et les lĂšvres parce que mes yeux sont irritĂ©s par les crises d’allergie alors je les laisse tranquille. Je me chausse, mon repas est dans le sac. Et lĂ , je me dis qu’il y a un petit moment que je n’ai pas vu les bottines que Papa et Maman m’ont offert lors de mon dernier sĂ©jour chez eux. Je sens le noeud dans l’estomac. Je devrais prendre la dĂ©cision de garder les baskets blanches que j’ai aux pieds et aller travailler. Je pourrais mĂȘme arriver en avance pour une fois. Mais voilĂ , nulle part, trace de la grosse boĂźte Ă  chaussures contenant les superbes bottines.

A la recherche des chaussures perdues

J’ouvre le placard avec les vĂȘtements, je sors toutes les boĂźtes cartonnĂ©es. Je m’allonge sur le tapis et regarde sous le lit. Je dĂ©range toutes les Ă©charpes d’hiver soigneusement pliĂ©es, je bouge le canapĂ©… C’est la panique, je suis en apnĂ©e, et j’ai mal au coeur. Je descends dans la cave. Toujours pas de boĂźte grisĂ©e en vue, toujours pas de bottines. Et le temps continue de filer. Je remonte et le gardien me dit bonjour. Je lui rĂ©ponds Ă  peine. Il me demande si ça va, et cette fois je ne lui rĂ©ponds pas. Je file dans l’appart en laissant la clĂ© dans la serrure, et je commence Ă  bougonner.

J’ai du mal Ă  respirer et je sens les larmes monter. Ce sont pas que des bottines, c’est un cadeau. Et surtout qu’elles sont vraiment trĂšs jolies. Et puis c’est surtout un cadeau de Papa et Maman. Je vais leur dire quoi s’ils me demandent si je suis contente ? Je vais leur dire quoi s’ils me demandent si je les porte ? C’est la catastrophe et je me mets Ă  jurer, la piĂšce ressemble Ă  un vrai champ de bataille. Je devrais m’engouffrer dans la circulation matinale au lieu de chercher ces fichues chaussures mais voilĂ , je ne peux me rĂ©soudre Ă  partir avant de les retrouver. Et chercher Ă  respirer pour me calmer ne sert Ă  rien puisque j’ai tellement honte de les avoir perdues, que je me mets Ă  penser que j’ai dĂ» jeter la boĂźte parce qu’elle Ă©tait trop grande en pensant qu’elle Ă©tait vide alors que les chaussures devaient ĂȘtre dedans.

Le gros coup de flip qui me fait tomber Ă  genoux, et les larmes qui coulent sur mes joues….

Jusqu’Ă  ce que mes yeux se posent sur une des cases du bureau, oĂč dans le fond, j’aperçois les bords d’un carton gris, de forme rectangulaire avec une Ă©tiquette oĂč la taille 38 m’apparaĂźt monstrueusement grande…

Elles sont lĂ  !

Ne me demandez pas pourquoi elles sont rangĂ©es lĂ , ma propre logique de rangement pour le coup m’Ă©chappe totalement…

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La morale dans tout ça ?

J’ai perdu mon sang-froid. En quelques minutes, je suis passĂ©e d’un Ă©tat d’esprit lĂ©ger Ă  l’Ă©laboration d’un scĂ©nario catastrophe ayant pour conclusion une dispute avec mes parents me disant d’apprendre Ă  bien ranger mes affaires comme si j’avais 4 ans – et lĂ  pour le coup, je leur donnerais entiĂšrement raison ! Je ne peux mĂȘme pas me dire que c’est parce que je suis fatiguĂ©e ou que j’ai mes rĂšgles^^ – le genre de remarques qui m’Ă©nervent quand je m’Ă©nerve…

Plusieurs choses Ă  retenir dans tout ça : 1. J’ai encore du boulot en ce qui concerne la gestion du stress dans des situations inattendues ; 2. J’ai encore du tri et beaucoup de rangement Ă  faire ; 3. Je suis plus attachĂ©e aux choses qu’il n’y paraĂźt.

HonnĂȘtement, les filles… ça vous est dĂ©jĂ  arrivĂ© ? Vous gĂ©rez comment le stress dĂšs le matin ?

La chute de l’histoire

J’ai fini par retrouver mon souffle et mes mains ont arrĂȘtĂ© de trembler. J’ai enlevĂ© les baskets pour mettre les bottines – aprĂšs s’ĂȘtre donnĂ© tant de mal, cela aurait Ă©tĂ© vraiment dommage de ne pas les porter ! Je suis descendue au garage et je suis arrivĂ©e avec 10 minutes de retard au travail – heureusement il n’y avait personne, j’aurais eu l’air encore plus ridicule Ă  devoir expliquer la raison de ce retard. Parce que je ne sais pas mentir, j’aurais dit un truc du genre : « Euh… excusez-moi, c’est juste que les bottines que vous me voyez porter aujourd’hui ont souhaitĂ© jouer Ă  cache-cache ce matin et ça m’a pris prĂšs de 30 minutes pour les retrouver… »

Une fois arrivĂ©e au bureau, j’ai montĂ© mon sac-dĂ©jeuner Ă  l’Ă©tage et je me suis rendue compte qu’il y avait de la poudre partout : ma boĂźte Berry Boost s’est ouverte et le contenu s’est rĂ©pandu dans le sac. LĂ , j’ai Ă©clatĂ© de rire. Je me suis dit que lĂ -haut, Il devait bien se marrer. Ou alors que peut-ĂȘtre Il trouvait bon de me tester deux fois en situation de stress en pleine matinĂ©e…

Source image : https://fr.pinterest.com/pin/49539664632415988/

 

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13 réflexions sur “Une histoire de chaussures.

  1. Ca m’est arrivĂ© une fois – un pendentif que j’aimais beaucoup. Impossible de le trouver. J’ai remuĂ© la maison du sol au plafond. Comme toi Julie je l’avais rangĂ© Ă  un autre endroit que l’endroit habituel
    Mais depuis que j’ai quittĂ© l’Irlande en laissant tout derriĂšre moi, je suis moins attachĂ©e aux choses. RĂ©cemment j’ai perdu un bracelet trĂšs joli, un cadeau et j’ai laissĂ© couler. AprĂšs tout ce n’est que du matĂ©riel.
    C’est d’ailleurs pour ça que j’ai encore un peu de mal avec les cadeaux (mĂȘme si j’adore en faire) – on s’attache trop…
    ps – j’aime la chute! Et tu as ri, c’est bon signe!!

    J'aime

    1. J’ai perdu moi aussi un pendentif, le tout premier cadeau d’Habibi. Je m’en voulais beaucoup, je l’avais perdu lors d’une balade en forĂȘt… Habibi y avait vu lĂ  comme un signe nĂ©gatif pour nous pendant plusieurs jours. Pourtant ni lui ni moi ne sommes trop attachĂ©s aux choses… c’est Ă©trange parfois… C’est bien de s’attacher, de ne pas s’effondrer dĂšs que quelque chose cloche avec nos affaires. Ce matin, je ne voulais vraiment pas avoir perdu ce cadeau, mes parents Ă©taient si contents de me les offrir.

      La poudre qui se renverse, ça aurait pu ĂȘtre la goutte d’eau qui fait dĂ©border le vase. J’ai prĂ©fĂ©rĂ© en rire, cette matinĂ©e ne pouvait que se terminer ainsi xD

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  2. L’important c’est que tu les ai retrouvĂ©s 🙂
    Prochain coup ne panique pas comme ça si soudainement et gardes la tĂȘte froide pour penser efficacement et pas avoir la vue brouillĂ©e de nĂ©gativitĂ©.

    Aimé par 1 personne

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