En Automne, avec toi.

Quand de deux individus une autre entité naît : celle du couple qui fusionne, sans se défaire de chaque personnalité, la tendresse d’une unique complémentarité.

Il n’y aurait pas d’amour si le risque n’avait pas été pris un jour de se mettre à nu au fil des années, apprenant la pudeur dans l’intimité, laissant la passion des premiers baisers s’apaiser, remplacée par des gestes familiers ponctués de sourires.

Tu souris quand je te dis que je t’aime et que je n’aimerai jamais comme ça de nouveau. Ce n’est pas une promesse, juste l’expression d’une certitude enfouie au fond de mon cœur depuis que mes pas ont croisé les tiens. Je pense à ces mains tremblantes que tu as tenues, je pense à ces larmes que tu as essuyées… Je souris quand tu dis que j’ai changé. Je m’effondrais et tu m’as soutenue. Je me suis relevée seule sous ton regard empreint de douceur et de patience. Tu as su parfois pointer du doigt des vérités que je ne voulais pas entendre, et tu as su être là quand il fallait les affronter : quand j’ai reconnu mes erreurs, quand j’ai demandé pardon, quand j’ai sacrifié ces liens toxiques qui me torturaient. Je lisais dans tes yeux le reflet de ta propre souffrance que tu as tue des années durant, et que mon combat pour sortir la tête de l’eau t’aura fait ouvrir ce mur encerclé de lierres que tu avais monté autour de ton cœur.

Douce folie de penser que seule la douleur nous unit ! Les heures noires de cette fin douloureuse d’adolescence se sont dispersées devant la force et la beauté de la lumière qui émanaient de toi. Tu n’étais pas seul. J’ai compris plus tard qu’il y avait Dieu dans ton cœur et qu’ainsi je Lui ouvrais le mien pour L’y accueillir, Le prier, L’adorer. Ma foi s’est nourrie de la tienne avant de prendre son propre chemin : il y a ces questions que je pose et qu’en un peu plus de 60 ans de ta vie tu ne t’es jamais posé. Alors tu me dis que je suis peut-être trop intelligente pour me conformer à une Eglise particulière. Et si cela n’avait pas d’importance ? Si du souffle divin est née la Vie, alors je me dis inspirée par l’Amour et la Bienveillance. C’est l’Eglise du Cœur et de l’Humain, celle de ce nouveau Temple que Jésus a apportée dans nos vies, inspirant d’autres destins spirituels qui ne sont en rien inférieurs à ce en quoi nous croyons.

Avec cet amour qui ne cesse de grandir, j’ai appris à ne pas avoir peur de mes faiblesses. J’ai appris la force dans l’adversité. J’apprends la confiance dans le tumulte chaotique des pensées. J’apprends le pardon dans la colère apaisée.

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Ces petites joies, ces petits riens de ces quelques jours en Automne avec toi : 

Marcher en forêt, ramasser des feuilles colorées.

Regarder le soleil décliner, sourire à la nuit étoilée.

Le réveil au parfum de café, une tranche de pains d’épices beurrée ; et sur la table deux bols contenant un porridge de riz au lait d’amande relevé de quelques épices.

Dans les allées du marché, sourire aux passants et aux commerçants, sélectionner quelques légumes, nous arrêter à la librairie et échanger quelques bribes de vies avec la jeune fille très souriante et dynamique qui y travaille.

Derrière les vitres embuées d’un petit restaurant-brocante, satisfaire l’appétit gourmand naissant après quelques pas dans le froid d’une église, attendre entre des plats savoureux un livre à la main ou se regarder les yeux souriants d’être heureux ensemble.

S’endormir l’un contre l’autre, laissant les chats se blottir entre nos jambes et nos bras, mêlant à leurs ronrons quelques mots tendres pour se souhaiter une bonne nuit.

Deux verres de vin, un morceau de fromage, et quelques rondelles de pain, des fruits secs et un film à visionner, assis l’un contre l’autre, se réchauffant sous le même grand plaid.

Et ces choses qui ne se racontent pas, ces petites étincelles que les mots ne décrivent pas…

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5 commentaires sur “En Automne, avec toi.

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  1. C’est beau, tout simplement.
    Tes mots et l’automne, et ces souvenirs sacrés Julie.
    Je crois beaucoup à la religion du coeur, celle qui n’a aucune limite, celle qui s’inscrit dans l’humain, sans exigence, en toute confiance.

    Aimé par 1 personne

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