On pourrait croire qu’une fois que la page est tournĂ©e, l’histoire est terminĂ©e et on passe Ă  autre chose. On pourrait penser qu’une fois la dĂ©cision prise, il n’y a pas de retour en arriĂšre possible et d’ailleurs, il n’est pas souhaitĂ©. On pourrait se dire que le passĂ© reste dans le passĂ©, et que le prĂ©sent agit comme un tremplin vers l’avenir.

On rĂ©alise alors qu’il ne faut pas croire, ni penser, ni rien se dire.

Pour toute violence subie et acceptĂ©e, la guĂ©rison se veut longue. N’ayons pas peur de l’annoncer, elle se compte en annĂ©es. Il ne s’agit pas de vouloir trĂšs fort que tout ça n’existe plus. Et pas mĂȘme ces fois oĂč on se permet de dĂ©clarer haut et fort avec un sourire de fiertĂ© aux lĂšvres: « C’est fini, je n’en souffre plus. Au placard ! ». Les blessures sont lĂ , profondes, et quand elles ne se voient plus Ă  la lumiĂšre du jour, elles apparaissent aux heures les plus noires de la nuit, quand la vigilance est tombĂ©e. Notre vulnĂ©rabilitĂ© ainsi rĂ©vĂ©lĂ©e sous les cernes d’un mauvais rĂȘve se lit sur notre visage.

Que faire ? Comment affronter ces fantĂŽmes du passĂ© alors qu’on pensait le combat terminĂ©, et gagnĂ© ?

c61edcb7f5eda414be386f4ec2eed104

Source photo : fr.pinterest.com/pin/435723332677037367/

J’avais 16 ans quand je suis tombĂ©e amoureuse de lui. Cet homme de plusieurs annĂ©es mon aĂźnĂ©. J’avais 16 ans quand un jour j’ai croisĂ© son regard alors que j’Ă©tais assise sur un muret et que je lisais tranquillement. J’avais 16 ans quand il m’a demandĂ© de ne pas le regarder ainsi parce que mon regard le troublait. Qu’en Ă©tait-il du sien ? J’avais 16 ans et je fantasmais sur l’un de mes profs, qu’il me plaisait de regarder dans les yeux en cours, Ă  qui j’aimais sourire, dont je connaissais les heures d’entrĂ©e et de sortie, Ă  qui peu Ă  peu je racontais ma vie et qui m’Ă©coutait, me rassurait, me poussait Ă  ĂȘtre plus forte.

J’avais 18 ans et quelques mois quand nous reprenions contact, aprĂšs plus de 6 mois de silence. J’avais 18 ans quand il me prenait dans ses bras et m’embrassait pour la premiĂšre fois. Un baiser digne de ces grandes scĂšnes des plus beaux films d’amour. Il ne s’agissait pourtant pas d’amour, mais je ne voulais pas le savoir. Il ne voulait pas de moi comme je voulais de lui, le disait pourtant mais je ne voulais pas l’entendre. Il ne me promettait rien alors que je lui donnais tout.

Je trahissais la confiance de mes parents, en leur mentant. Je n’entendais pas les autres me dire : « Jamais il n’assumera », « Il ne t’aime pas, il se sert de toi »… Comprenez-moi, j’Ă©tais sous le charme de cet homme dont je rĂȘvais depuis des annĂ©es. Je l’avais tant voulu, tant dĂ©sirĂ©, et il Ă©tait enfin Ă  moi. J’Ă©tais entrĂ©e chez lui, je le retrouvais chaque weekend, je mangeais Ă  sa table des plats que nous prĂ©parions ensemble, nous allions au cinĂ©ma, je dormais dans son lit… et jamais je n’ai rĂ©ussi Ă  le tutoyer. Quand j’ai essayĂ©, il a dit que c’Ă©tait bizarre et je ne l’ai plus jamais fait.

Pendant plus d’un an, je me suis donnĂ©e Ă  lui. Je l’ai laissĂ© me toucher, je l’ai mĂȘme laissĂ© me faire mal. Et je souffrais quand tout s’arrĂȘtait. Dans cette relation charnelle oĂč je le laissais devenir de plus en plus dominateur, je m’oubliais. Je le laissais maĂźtre de ce corps que je n’aimais pas et qui me faisait honte, et qui pourtant sous ses doigts, se transformait en machine du plaisir. J’aimais ça, souffrir ainsi, sentir le poids du corps d’un homme Ă©crasant le mien. Je disparaissais, mon corps et tout ce que je voulais oublier.

a3bcd84eb95ddd6ae5a725756d742ba6
Source photo : fr.pinterest.com/pin/207939707769468164/

 

C’est quand j’ai voulu plus que je me suis rĂ©veillĂ©e. C’est quand j’ai ressenti que je me perdais vraiment que je l’ai bousculĂ©. Je n’arrivais pourtant pas Ă  me dĂ©faire de son emprise, comme un besoin de respecter chacun de nos rendez-vous, connaissant par cƓur les courbes de son corps et les gestes Ă  adopter pour lui offrir ce qu’il dĂ©sirait. Il Ă©tait ma drogue dure, mon addiction. J’adorais le sexe, avec lui, de cette façon de plus en plus violente. Alors je suis partie, Ă  bout de souffle, croyant mourir de chagrin. Le cƓur et le corps brisĂ©, de m’ĂȘtre tant fait du mal, d’avoir tant menti Ă  tout le monde, et Ă  moi-mĂȘme.

La distance n’a pas tout rĂ©solu et aujourd’hui encore, je ressens une certaine honte. Je suis restĂ©e en contact avec cet homme encore plusieurs annĂ©es, parce que j’avais du mal Ă  ne plus l’inclure dans ma vie. Parce qu’il Ă©tait tout ce que je dĂ©sirais avant que je ne rĂ©alise Ă  quel point je me trompais.

J’en veux Ă  cet homme de m’avoir ainsi touchĂ©e, et je m’en veux de l’y avoir autorisĂ©. Je pensais guĂ©rir dans ses bras, alors que je me sens souillĂ©e. Ce que je croyais l’expression d’un amour sincĂšre n’Ă©tait pour lui qu’une façon de prendre revanche sur les femmes, et pour moi de me servir d’un homme pour oublier. Ce que je pensais pouvoir reconstruire, je ne l’ai que plus dĂ©truit.

Quand je suis partie, il ne m’a pas retenue. Nous nous sommes revus un peu moins d’un an aprĂšs mon dĂ©part, et je m’Ă©tais prĂ©cipitĂ©e chez lui Ă  la premiĂšre occasion. Depuis, je me suis battue pour repousser cette attirance, et son emprise, alors que lui me dĂ©clarait m’aimer par sms mais ne pas pouvoir ĂȘtre avec moi. Ce jour-lĂ , j’avais vu rouge. Parce que j’avais dĂ©cidĂ© de passer Ă  autre chose, de me donner une chance de guĂ©rir et de l’oublier. Aujourd’hui, 6 ans plus tard, certaines de mes amies peuvent le croiser, et Ă©changent quelques mots avec lui. Il n’y a pas si longtemps, il a tentĂ© de me contacter, et de me voir. Je n’y suis pas allĂ©e, j’ai rĂ©pondu que je voulais qu’il me laisse tranquille. Que je n’Ă©tais plus la mĂȘme et que je ne ressentais plus rien. Lui n’a pas changĂ©, il ne pense qu’au dĂ©sir que je lui inspire et Ă  ce corps que je lui refuse Ă  prĂ©sent. Cela m’a coĂ»tĂ© d’ĂȘtre aussi rigide et catĂ©gorique, parce que l’ado que j’Ă©tais se souvient encore de ces longues conversations que nous avions quand rien encore ne s’Ă©tait passĂ© entre nous. J’avais 18 ans et alors que je voulais m’oublier, je voulais aussi le sauver de cette rage qu’il avait contre les femmes en lui prouvant que nous pouvions ĂȘtre diffĂ©rents. Et j’ai longtemps voulu croire que nous pourrions ĂȘtre amis un jour. Il n’y avait de « nous » que dans ma tĂȘte, que dans ces rĂȘves naĂŻfs qu’un jour cette passion charnelle donne naissance Ă  un bel amour qui durerait toute une vie.

2fc9ad4a809de4c32202ee28a27b0024

Source photo : fr.pinterest.com/pin/219691288044274642/

Des sĂ©quelles sont lĂ , invisibles aux yeux des autres, mais visibles pour moi. Je ne suis pas qu’une victime, je suis aussi fautive que lui. J’ai voulu tout ça, alors mĂȘme que parfois il rĂ©sistait. La guĂ©rison de mon intimitĂ© et de ce rapport Ă  mon propre corps passe par des hauts et des bas, par des cauchemars, par des envies honteuses qu’il me faut contrĂŽler et que je confie Ă  Habibi et Ă  Dieu, par des larmes qui coulent et des sourires qui naissent. Tout doucement.

Habibi sait tout cela, Habibi me prend dans ses bras et ne bouge pas. Il m’apporte cette douceur et cette tendresse que je me refusais jusque lĂ . Il pose parfois son visage sur mon ventre, et il Ă©coute tout ce que mon corps veut bien lui confier. Quand je ferme les yeux dans ses bras, je n’ai pas peur d’ĂȘtre un objet. Il aurait pu penser que 7 ans plus tard, alors que nous nous connaissons depuis quelques annĂ©es et que nous nous aimons beaucoup, j’ai oubliĂ© tout ça. Il est le premier pourtant Ă  vouloir m’accompagner dans la guĂ©rison qu’il devine lente et difficile. Il entend dans certains accĂšs de rage toute cette colĂšre que je garde parfois envers moi-mĂȘme. Il sent dans ces larmes qu’il essuie de doux baisers sur les yeux toutes ces blessures que je m’applique Ă  panser jour aprĂšs jour.

Je suis une jeune femme qui se reconstruit, petit Ă  petit, loin de lui. Le plus dur reste ma propre part de responsabilitĂ© dans tout ça, j’ai mis du temps Ă  l’admettre. Il m’arrive encore de ressentir le besoin de demander pardon, aux autres et Ă  moi-mĂȘme. 

Publicités

22 réflexions sur “Me libĂ©rer de son emprise, et demander pardon.

  1. Merci Julie de partager ça avec nous. A chaque fois que je te lis, je suis touchée et je me reconnais.
    Je n’ai pas le mĂȘme passĂ© que toi et pourtant ma prĂ©cĂ©dente relation m’a cassĂ©e aussi.
    Mon mari me rĂ©pare depuis trois ans. Il fait tout ce qui est en son pouvoir pour que je me reconstruise. Mais il faudra encore bien plus d’annĂ©es.
    Il y a trois ans, j’Ă©tais si traumatisĂ©e que l’entendre crier contre le chien me paralysait. Que s’il s’approchait de moi quand je ne m’y attendais pas, je le frappais de peur. Le pauvre, il payait les pots cassĂ©s. Je ressassais ça tous les jours, j’y pensais peut-ĂȘtre 20 fois dans une journĂ©e.
    Ca va mieux maintenant. MĂȘme si je me sens souillĂ©e, blessĂ©e. MĂȘme si je fais encore souvent des cauchemars. MĂȘme si je suis devenue « rigide » sur le plan charnel.
    C’est pas facile.
    Courage Ă  toi. Tu avances un peu plus tous les jours.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci de partager à ton tour ton vécu dans ce commentaire.
      C’est difficile de regarder en arriĂšre sans tressaillir et sans retomber dans ces douleurs, dans ce mal-ĂȘtre. Et pourtant c’est nĂ©cessaire parfois d’affronter ce qui a pu se passer, ce qu’on a pu faire… C’est lĂ  que le pardon est indispensable pour avancer, pour se sentir mieux, et se libĂ©rer de l’emprise.
      Je suis contente de lire que ça va mieux, que ton mari participe à cette guérison. Il faut prendre son temps, ne rien hùter, pouvoir comprendre et tout doucement reconstruire.
      Courage Ă  toi Ă©galement, je t’envoie de tendres pensĂ©es.

      J'aime

  2. MERCI du fond du coeur Julie pour ce tĂ©moignage qui me touche Ă©normĂ©ment comme tu peux l’imaginer.
    Je retiens une phrase qui dĂ©finit tellement mon vĂ©cu « J’aimais ça, souffrir ainsi, sentir le poids du corps d’un homme Ă©crasant le mien. »
    Tu as raison il faut du temps, se donner le temps aussi. RĂ©cemment j’ai ressenti l’envie de partager Ă  nouveau une relation avec quelqu’un. Je me suis mis trop de pression et la honte de mon corps et de tout ce que j’avais vĂ©cu est remontĂ© Ă  la surface.
    J’ai lĂąchĂ© prise maintenant, je continue ce travail sur moi, je comprends et j’accepte ma part de responsabilitĂ©, je me demande pardon Ă  moi, surtout Ă  moi, pour avoir autorisĂ© un homme Ă  m’utiliser de la sorte, sans rien dire. Ca arrivera quand ça arrivera.

    Plein de pensĂ©es pour toi et l’avenir.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci à toi qui accompagnes ma guérison, et qui inspire à ma plume la force de poser des mots sur ces mots.

      Tu fais bien de ne rien presser, surtout si l’envie de partager de nouveau une relation avec quelqu’un fait remonter Ă  la surface trop de honte et de souvenirs. Ca arrivera au bon moment, quand tu seras prĂȘte et que tu n’auras plus peur d’ouvrir ton cƓur et ton corps, quand ta honte sera moins forte et que tu accepteras la prĂ©sence de l’autre.

      J’ai eu la chance de rencontrer cet homme formidable qui m’a offert son amitiĂ© avant que nous ne partagions cet amour qui nous lie aujourd’hui. Ce n’est pas facile tous les jours, ni Ă©vidents. Il a dĂ» me freiner parfois, j’ai dĂ» dĂ©coder certains comportements… Habibi a ses propres blessures aussi, et c’est peut-ĂȘtre ce passĂ© commun qui nous permet de ne pas commettre trop de maladresses blessantes l’un envers l’autre…

      De douces et tendres pensĂ©es pour toi Ă©galement qui chemines avec courage sur le chemin de la guĂ©rison et du pardon ❀

      J'aime

  3. Tes mots sont bouleversants, Julie.
    Quel courage et quelle force d’avoir le recul suffisant pour analyser le passĂ©.
    Quand on a Ă©tĂ© sous l’emprise malveillante d’une personne, se reconstruire prend beaucoup de temps mais on sent Ă  travers tes mots que tu es sur le bon chemin.
    Bon courage dans ce chemin en tout cas.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Elodie, pour ces mots bienveillants et encourageants.
      J’ai refusĂ© trop longtemps d’ouvrir les yeux,et j’ai acceptĂ© trop longtemps de souffrir aussi pour qu’un jour je rĂ©alise Ă  quel point il fallait que ça cesse.
      C’est long de se reconstruire mais ça prend le temps qu’il faut. Ce chemin a Ă©tĂ© semĂ© d’embĂ»ches et j’ai plusieurs fois fait demi-tour ou alors je suis tombĂ©e sans savoir si j’avais la force de me relever. Pourtant je continue, et c’est moins caillouteux, moins douloureux. Il faut rester vigilants, pour que ces petits « dĂ©mons » ne reviennent pas, et c’est lĂ  que le pardon apparaĂźt nĂ©cessaire.
      J’Ă©tais bien faible au dĂ©but, mais j’ai acceptĂ© ça, et ainsi je deviens plus forte.

      J’espĂšre que tu vas bien, je te lis souvent sans jamais laisser de mot. Je viens de m’abonner Ă  tes articles, Ă  l’avenir j’oserai commenter 🙂

      J'aime

  4. Merci pour ce tĂ©moignage Julie. La guĂ©rison ne se fait pas en un jour tu as raison : parfois des mois ou des annĂ©es sont nĂ©cessaires, parfois elle nĂ©cessite une aide extĂ©rieure. J’ai du faire un travail sur moi-mĂȘme d’un an et demi pour me sortir d’une situation amoureuse relativement toxique, avec l’aide d’une thĂ©rapeuthe. J’ai pu, je pense, m’en sortir car j’ai compris ma part de resposabilitĂ© dans la situation. Comprendre les choses permet d’en sortir, de les surmonter, de prendre un nouveau dĂ©part, plus forte, marquĂ©e mais consciente et riche de cela. Je t’embrasse Julie. Je te souhaite de guĂ©rir ❀

    Aimé par 1 personne

    1. Merci ces mots tout doux, CĂ©cile. Merci de partager toi aussi un peu de ta vie, et d’Ă©crire comme tu as pu t’en sortir.
      Si j’ai Ă©tĂ© aveuglĂ©e par « l’amour » que je ressentais, je restais quand mĂȘme lucide sur la toxicitĂ© de cette relation – et c’est en cela que j’ai besoin de me pardonner, de ne pas m’en vouloir ad vitam eternam de l’avoir laissĂ© faire, et mĂȘme de l’avoir tant dĂ©sirĂ©.
      Je n’ai pas vu de thĂ©rapeute, parce que j’en avais vu un quand j’Ă©tais plus jeune et je ne voulais pas renouveler ça… non, je ne me sentais pas prĂȘte Ă  dĂ©voiler tout ça, j’avais tellement honte de tout ce que j’avais pu le laisser faire, du plaisir que j’avais ressenti, et de ce sentiment de dĂ©goĂ»t envers mon propre corps. Les blessures de l’enfance, nos « jeux d’adultes », tout ça se mĂ©langeait dans ma tĂȘte…
      J’ai rencontrĂ© un homme, et cet homme-lĂ  ne m’a pas quittĂ©. Parfois c’est difficile pour lui de m’aider Ă  affronter tout ça, et j’en suis parfaitement consciente. Pourtant, il m’offre ce que je me refusais pour guĂ©rir, il m’a ouvert les yeux, il m’a montrĂ© la voie en me prouvant comme je pouvais aller mieux, comme j’Ă©tais prĂ©cieuse.
      Je t’embrasse aussi, encore merci ❀

      J'aime

  5. Waouhh Julie, je suis sans mots mais tellement touchĂ©e par la maniĂšre dont tu as Ă©crit, les mots que tu as choisit ici pour nous faire partager ce terrible moment de ta vie…
    Tu as su je pense faire le bon choix en sachant dire stop mĂȘme si aujourd’hui tout cela ne te quitte plus…
    Quel courage
    Je t’embrasse et tu es une personne rare et prĂ©cieuse aux yeux de tes proches ceux qui t’aiment…

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ce commentaire qui me touche beaucoup Amandine, surtout la derniĂšre phrase.
      Faire ce choix m’a coĂ»tĂ©, mais aujourd’hui je ne regrette pas de l’avoir fait. Je guĂ©ris, tout doucement, comme je l’Ă©cris. Et surtout j’espĂšre que certaines personnes – hommes ou femmes – souffrant d’une certaine emprise pourront s’en sortir un jour.

      J'aime

      1. JE le souhaite pour eux pour leur bien. JE pense que tes mots sont assez fort ET vrai pour qu’ils comprennent ET rĂ©ussissent Ă  faire JE l’espĂšre au moins la moitiĂ© de ton chemin. Ces personnes auront une
        Personne Ă  contacter Si ils tombent sur ton article… on souhaite toujours faire remuer ou secouer quelque chose. Belle soirĂ©e

        Aimé par 1 personne

  6. J’aime cette image que tu nous donne au dĂ©but, que quand la page est tournĂ©e l’histoire ne s’efface pas.

    Se pardonner est une des choses les plus difficiles. Admettre nos erreurs, c’est douloureux. Et pourtant, prendre sur soi et accepter ce passĂ© que l’on a construit par nos choix, c’est aussi grandir, et s’autoriser Ă  prendre de meilleur choix, guidĂ©s par notre expĂ©rience.

    Le chemin que tu t’es tracĂ© n’est pas lisse et droit, et pourtant si tu n’Ă©tais pas passĂ© par toutes ces douleurs tu ne serais pas arrivĂ©e la mĂȘme devant Habibi, et votre histoire n’aurait peut-ĂȘtre pas eu lieu.

    Pardonne-toi et dis-toi que tes bonheurs d’aujourd’hui tu les dois tout autant Ă  tes errements qu’Ă  tes forces.

    Ne reste pas fĂąchĂ©e contre toi-mĂȘme.
    We’re only humans ❀

    J'aime

    1. Ce sont des mots empreints de sagesse de ta part que je reçois le sourire aux lĂšvres. Merci Ă  toi. J’ai Ă©tĂ© fĂąchĂ©e plusieurs annĂ©es contre moi-mĂȘme, mais je le suis beaucoup moins. Un jour, je ne le serai certainement plus, et j’attends patiemment que ça arrive. Comme tu le dis, il faut savoir tirer des leçons de ces expĂ©riences et ces choix passĂ©s, sans ĂȘtre trop dur envers soi-mĂȘme. Encore merci❀

      Aimé par 1 personne

  7. Quel superbe texte, quel superbe partage! Tu sais choisir les mots pour nous faire ressentir ce que tu as pu traverser.
    Je pense que l’on n’oublie jamais ce genre d’expĂ©rience toxique, par contre, on apprend Ă  se reconstruire avec et malgrĂ© elle et souvent on devient plus forte, c’est ce que je te souhaite sincĂšrement.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup Sophie.
      Ces expĂ©riences-lĂ  nous forgent en quelque sorte, et au-delĂ  des blessures, on en apprend un peu plus sur soi-mĂȘme, sur la vie qu’on souhaite se donner… Et oui, on en ressort plus fort malgrĂ© le dĂ©sespoir qu’on peut ressentir parfois !

      Aimé par 1 personne

  8. Hello Sweetie!
    Woaw! Tu es toujours debout!

    J’admire cette expĂ©rimentation que Tu T’es permise : aller lĂ -bas pour rĂ©aliser que non, ce n’est pas ce que Tu veux.
    Pas de regrets Ă  avoir : Tu as agi en Amour.
    Une partie de Toi voulait cela,l’a vĂ©cu et Tu en es sortie grandie.
    Tu fais confiance Ă  nouveau, Tu vis l’Amour partagĂ© : qui sait si Tu aurais su ĂȘtre avec Ton Habibi si Tu n’avais pas expĂ©rimentĂ© cette part de Toi?
    Tu as le choix : Tu peux ne plus ressentir de souffrance. La douleur,c’est ce que l’on vit Ă  l’instant T. La souffrance, c’est se trainer cette douleur sur des annĂ©es.
    Bien sûr, on se sent salie,on culpabilise, mais au-delà de cela, il y a la Joie.
    Je nous vois comme des chimistes : nous faisons des mĂ©langes,des expĂ©riences et parfois le rĂ©sultat n’est pas celui que nous attendions.
    Mais lĂ  oĂč le chimiste va dire : zut! pas le bon dosage,pas les bons ingrĂ©dients?
    Nous nous fustigeons, nous nous culpabilisons, nous nous enfermons dans une expĂ©rimentation plutĂŽt que de prendre le recul nĂ©cessaire, nous laissons le contrĂŽle de nos vies Ă  nos Ă©motions plutĂŽt que d’entendre les messages cachĂ©s.
    Culpabiliser? Oui Tu peux mais quand Tu réalises que Tu as donné en toute confiance, en tout amour, vraiment voir cela, ressens -Tu toujours de la culpabilité?
    Cet homme n’a pas su voir, n’a pas su sortir de sa spirale auto-destructrice : est-ce Ă  Toi de T’en vouloir?
    Je ne Te vois pas salie, je Te vois grandie.
    MalgrĂ© cette attraction, Tu as su dire : »non! », Tu as su Te choisir et cela est Merveilleux.
    Tu as choisi de ne plus vivre cet Ă©tat de dĂ©valorisation, de destruction,de laisser Ton pouvoir / vouloir entre les mains de quelqu’autre.
    Mes respects : chapeau bas. Je ne saurai dire l’admiration que je ressens.
    Je remercie cet homme pour avoir jouĂ© ce rĂŽle qui Te permets aujourd’hui d’ĂȘtre Celle que Tu es.

    MERCI Ă  Toi pour ce tĂ©moignage,MERCI d’en ĂȘtre sortie grandie.

    Je T’embrasse.

    Laetitia

    Aimé par 1 personne

    1. Et merci Ă  toi pour ces mots.

      La souffrance s’efface et je regarde aujourd’hui ce temps passĂ© de ma vie comme une Ă©tape nĂ©cessaire Ă  ma guĂ©rison. Je crois que je voulais aider cet homme Ă  construire mais ce n’Ă©tait pas ce qu’il voulait. Je ne dirais pas qu’il ne m’a pas aimĂ©, il a forcĂ©ment ressenti quelque chose mais pas comme je le voulais. Et c’est parce qu’il se plaisait dans ce type de relation qui moi ne me plaisait pas que j’ai pris la dĂ©cision de partir… MĂȘme si ça m’a pris du temps.

      Habibi ne supporte pas que je parle de cet homme, il estime qu’il m’a fait beaucoup de mal. Je ne lui en veux pas de penser aussi. A l’origine, je pense que nous avions de l’affection l’un pour l’autre mais nous ne voulions pas la mĂȘme chose, tout s’est emmĂȘlĂ© et c’est lĂ  que j’ai commencĂ© Ă  souffrir…
      Je sais que cet homme aujourd’hui va mieux, qu’il vit avec une autre femme, dans une relation stable. Par contre je n’apprĂ©cie pas qu’il me contacte pour rappeler Ă  mes bons souvenirs nos dĂ©bats sexuels Ă  la limite de la violence parfois. Alors je garde mes distances Ă  prĂ©sent, lui souhaitant d’ĂȘtre heureux.
      Maintenant je regarde le prĂ©sent, j’ose mĂȘme parfois sourire au futur qui m’attend.

      J'aime

  9. A vrai dire, je ne sais mĂȘme plus comment je suis arrivĂ©e sur ton tĂ©moignage mais en fait ça ne m’Ă©tonne pas ! Ce que tu racontes me touche beaucoup. 13 ans dĂ©jĂ  que cette histoire est terminĂ©e… Les premiĂšres annĂ©es ont Ă©tĂ© consacrĂ©s Ă  l’Ă©criture, Ă©criture pour comprendre, pour me comprendre, pour faire la « part des choses  » entre lui et moi. J’ai gardĂ© ma part et je lui ai rendu symboliquement la sienne…OUf, c’Ă©tait dĂ©jĂ  ça de gagnĂ©… Ca m’a beaucoup allĂ©gĂ© ! Et le temps est passĂ© et il m’arrive encore parfois d’avoir de drĂŽles de pensĂ©es de reprendre cette relation. Je n’en reviens pas moi-mĂȘme mais ces moments-lĂ  ne dure pas… Je crois que ces relations toxiques sont lĂ  pour nous apprendre quelque chose sur nous-mĂȘme et qu’elles ont beaucoup de sens mĂȘme si elles sont si dure Ă  vivre et Ă  rĂ©parer. Merci encore de ce sincĂšre et vibrant tĂ©moignage !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Ă  toi de venir complĂ©ter mon temoignage par le tien. J’ai moi aussi ces drĂŽles de pensĂ©es fugaces qui disent « finalement, c’Ă©tait pas si mal ! »et trĂšs vite elles disparaissent et tant mieux. Certes, il y a eu des bons moments, oui au dĂ©but, mais ça n’a pas durĂ©… Sans aucun doute, on apprend de ces relations qui nous blessent mais qui nous renforcent aussi…
      Merci encore !

      Aimé par 1 personne

Quelques mots de votre part :

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icÎne pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez Ă  l'aide de votre compte WordPress.com. DĂ©connexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez Ă  l'aide de votre compte Google+. DĂ©connexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez Ă  l'aide de votre compte Twitter. DĂ©connexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez Ă  l'aide de votre compte Facebook. DĂ©connexion /  Changer )

w

Connexion Ă  %s