Me libérer de son emprise, et demander pardon.

On pourrait croire qu’une fois que la page est tournée, l’histoire est terminée et on passe à autre chose. On pourrait penser qu’une fois la décision prise, il n’y a pas de retour en arrière possible et d’ailleurs, il n’est pas souhaité. On pourrait se dire que le passé reste dans le passé, et que le présent agit comme un tremplin vers l’avenir.

On réalise alors qu’il ne faut pas croire, ni penser, ni rien se dire.

Pour toute violence subie et acceptée, la guérison se veut longue. N’ayons pas peur de l’annoncer, elle se compte en années. Il ne s’agit pas de vouloir très fort que tout ça n’existe plus. Et pas même ces fois où on se permet de déclarer haut et fort avec un sourire de fierté aux lèvres: « C’est fini, je n’en souffre plus. Au placard ! ». Les blessures sont là, profondes, et quand elles ne se voient plus à la lumière du jour, elles apparaissent aux heures les plus noires de la nuit, quand la vigilance est tombée. Notre vulnérabilité ainsi révélée sous les cernes d’un mauvais rêve se lit sur notre visage.

Que faire ? Comment affronter ces fantômes du passé alors qu’on pensait le combat terminé, et gagné ?

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Source photo : fr.pinterest.com/pin/435723332677037367/

J’avais 16 ans quand je suis tombée amoureuse de lui. Cet homme de plusieurs années mon aîné. J’avais 16 ans quand un jour j’ai croisé son regard alors que j’étais assise sur un muret et que je lisais tranquillement. J’avais 16 ans quand il m’a demandé de ne pas le regarder ainsi parce que mon regard le troublait. Qu’en était-il du sien ? J’avais 16 ans et je fantasmais sur l’un de mes profs, qu’il me plaisait de regarder dans les yeux en cours, à qui j’aimais sourire, dont je connaissais les heures d’entrée et de sortie, à qui peu à peu je racontais ma vie et qui m’écoutait, me rassurait, me poussait à être plus forte.

J’avais 18 ans et quelques mois quand nous reprenions contact, après plus de 6 mois de silence. J’avais 18 ans quand il me prenait dans ses bras et m’embrassait pour la première fois. Un baiser digne de ces grandes scènes des plus beaux films d’amour. Il ne s’agissait pourtant pas d’amour, mais je ne voulais pas le savoir. Il ne voulait pas de moi comme je voulais de lui, le disait pourtant mais je ne voulais pas l’entendre. Il ne me promettait rien alors que je lui donnais tout.

Je trahissais la confiance de mes parents, en leur mentant. Je n’entendais pas les autres me dire : « Jamais il n’assumera », « Il ne t’aime pas, il se sert de toi »… Comprenez-moi, j’étais sous le charme de cet homme dont je rêvais depuis des années. Je l’avais tant voulu, tant désiré, et il était enfin à moi. J’étais entrée chez lui, je le retrouvais chaque weekend, je mangeais à sa table des plats que nous préparions ensemble, nous allions au cinéma, je dormais dans son lit… et jamais je n’ai réussi à le tutoyer. Quand j’ai essayé, il a dit que c’était bizarre et je ne l’ai plus jamais fait.

Pendant plus d’un an, je me suis donnée à lui. Je l’ai laissé me toucher, je l’ai même laissé me faire mal. Et je souffrais quand tout s’arrêtait. Dans cette relation charnelle où je le laissais devenir de plus en plus dominateur, je m’oubliais. Je le laissais maître de ce corps que je n’aimais pas et qui me faisait honte, et qui pourtant sous ses doigts, se transformait en machine du plaisir. J’aimais ça, souffrir ainsi, sentir le poids du corps d’un homme écrasant le mien. Je disparaissais, mon corps et tout ce que je voulais oublier.

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Source photo : fr.pinterest.com/pin/207939707769468164/

 

C’est quand j’ai voulu plus que je me suis réveillée. C’est quand j’ai ressenti que je me perdais vraiment que je l’ai bousculé. Je n’arrivais pourtant pas à me défaire de son emprise, comme un besoin de respecter chacun de nos rendez-vous, connaissant par cœur les courbes de son corps et les gestes à adopter pour lui offrir ce qu’il désirait. Il était ma drogue dure, mon addiction. J’adorais le sexe, avec lui, de cette façon de plus en plus violente. Alors je suis partie, à bout de souffle, croyant mourir de chagrin. Le cœur et le corps brisé, de m’être tant fait du mal, d’avoir tant menti à tout le monde, et à moi-même.

La distance n’a pas tout résolu et aujourd’hui encore, je ressens une certaine honte. Je suis restée en contact avec cet homme encore plusieurs années, parce que j’avais du mal à ne plus l’inclure dans ma vie. Parce qu’il était tout ce que je désirais avant que je ne réalise à quel point je me trompais.

J’en veux à cet homme de m’avoir ainsi touchée, et je m’en veux de l’y avoir autorisé. Je pensais guérir dans ses bras, alors que je me sens souillée. Ce que je croyais l’expression d’un amour sincère n’était pour lui qu’une façon de prendre revanche sur les femmes, et pour moi de me servir d’un homme pour oublier. Ce que je pensais pouvoir reconstruire, je ne l’ai que plus détruit.

Quand je suis partie, il ne m’a pas retenue. Nous nous sommes revus un peu moins d’un an après mon départ, et je m’étais précipitée chez lui à la première occasion. Depuis, je me suis battue pour repousser cette attirance, et son emprise, alors que lui me déclarait m’aimer par sms mais ne pas pouvoir être avec moi. Ce jour-là, j’avais vu rouge. Parce que j’avais décidé de passer à autre chose, de me donner une chance de guérir et de l’oublier. Aujourd’hui, 6 ans plus tard, certaines de mes amies peuvent le croiser, et échangent quelques mots avec lui. Il n’y a pas si longtemps, il a tenté de me contacter, et de me voir. Je n’y suis pas allée, j’ai répondu que je voulais qu’il me laisse tranquille. Que je n’étais plus la même et que je ne ressentais plus rien. Lui n’a pas changé, il ne pense qu’au désir que je lui inspire et à ce corps que je lui refuse à présent. Cela m’a coûté d’être aussi rigide et catégorique, parce que l’ado que j’étais se souvient encore de ces longues conversations que nous avions quand rien encore ne s’était passé entre nous. J’avais 18 ans et alors que je voulais m’oublier, je voulais aussi le sauver de cette rage qu’il avait contre les femmes en lui prouvant que nous pouvions être différents. Et j’ai longtemps voulu croire que nous pourrions être amis un jour. Il n’y avait de « nous » que dans ma tête, que dans ces rêves naïfs qu’un jour cette passion charnelle donne naissance à un bel amour qui durerait toute une vie.

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Source photo : fr.pinterest.com/pin/219691288044274642/

Des séquelles sont là, invisibles aux yeux des autres, mais visibles pour moi. Je ne suis pas qu’une victime, je suis aussi fautive que lui. J’ai voulu tout ça, alors même que parfois il résistait. La guérison de mon intimité et de ce rapport à mon propre corps passe par des hauts et des bas, par des cauchemars, par des envies honteuses qu’il me faut contrôler et que je confie à Habibi et à Dieu, par des larmes qui coulent et des sourires qui naissent. Tout doucement.

Habibi sait tout cela, Habibi me prend dans ses bras et ne bouge pas. Il m’apporte cette douceur et cette tendresse que je me refusais jusque là. Il pose parfois son visage sur mon ventre, et il écoute tout ce que mon corps veut bien lui confier. Quand je ferme les yeux dans ses bras, je n’ai pas peur d’être un objet. Il aurait pu penser que 7 ans plus tard, alors que nous nous connaissons depuis quelques années et que nous nous aimons beaucoup, j’ai oublié tout ça. Il est le premier pourtant à vouloir m’accompagner dans la guérison qu’il devine lente et difficile. Il entend dans certains accès de rage toute cette colère que je garde parfois envers moi-même. Il sent dans ces larmes qu’il essuie de doux baisers sur les yeux toutes ces blessures que je m’applique à panser jour après jour.

Je suis une jeune femme qui se reconstruit, petit à petit, loin de lui. Le plus dur reste ma propre part de responsabilité dans tout ça, j’ai mis du temps à l’admettre. Il m’arrive encore de ressentir le besoin de demander pardon, aux autres et à moi-même. 

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22 commentaires sur “Me libérer de son emprise, et demander pardon.

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  1. Merci Julie de partager ça avec nous. A chaque fois que je te lis, je suis touchée et je me reconnais.
    Je n’ai pas le même passé que toi et pourtant ma précédente relation m’a cassée aussi.
    Mon mari me répare depuis trois ans. Il fait tout ce qui est en son pouvoir pour que je me reconstruise. Mais il faudra encore bien plus d’années.
    Il y a trois ans, j’étais si traumatisée que l’entendre crier contre le chien me paralysait. Que s’il s’approchait de moi quand je ne m’y attendais pas, je le frappais de peur. Le pauvre, il payait les pots cassés. Je ressassais ça tous les jours, j’y pensais peut-être 20 fois dans une journée.
    Ca va mieux maintenant. Même si je me sens souillée, blessée. Même si je fais encore souvent des cauchemars. Même si je suis devenue « rigide » sur le plan charnel.
    C’est pas facile.
    Courage à toi. Tu avances un peu plus tous les jours.

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    1. Merci de partager à ton tour ton vécu dans ce commentaire.
      C’est difficile de regarder en arrière sans tressaillir et sans retomber dans ces douleurs, dans ce mal-être. Et pourtant c’est nécessaire parfois d’affronter ce qui a pu se passer, ce qu’on a pu faire… C’est là que le pardon est indispensable pour avancer, pour se sentir mieux, et se libérer de l’emprise.
      Je suis contente de lire que ça va mieux, que ton mari participe à cette guérison. Il faut prendre son temps, ne rien hâter, pouvoir comprendre et tout doucement reconstruire.
      Courage à toi également, je t’envoie de tendres pensées.

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  2. MERCI du fond du coeur Julie pour ce témoignage qui me touche énormément comme tu peux l’imaginer.
    Je retiens une phrase qui définit tellement mon vécu « J’aimais ça, souffrir ainsi, sentir le poids du corps d’un homme écrasant le mien. »
    Tu as raison il faut du temps, se donner le temps aussi. Récemment j’ai ressenti l’envie de partager à nouveau une relation avec quelqu’un. Je me suis mis trop de pression et la honte de mon corps et de tout ce que j’avais vécu est remonté à la surface.
    J’ai lâché prise maintenant, je continue ce travail sur moi, je comprends et j’accepte ma part de responsabilité, je me demande pardon à moi, surtout à moi, pour avoir autorisé un homme à m’utiliser de la sorte, sans rien dire. Ca arrivera quand ça arrivera.

    Plein de pensées pour toi et l’avenir.

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    1. Merci à toi qui accompagnes ma guérison, et qui inspire à ma plume la force de poser des mots sur ces mots.

      Tu fais bien de ne rien presser, surtout si l’envie de partager de nouveau une relation avec quelqu’un fait remonter à la surface trop de honte et de souvenirs. Ca arrivera au bon moment, quand tu seras prête et que tu n’auras plus peur d’ouvrir ton cœur et ton corps, quand ta honte sera moins forte et que tu accepteras la présence de l’autre.

      J’ai eu la chance de rencontrer cet homme formidable qui m’a offert son amitié avant que nous ne partagions cet amour qui nous lie aujourd’hui. Ce n’est pas facile tous les jours, ni évidents. Il a dû me freiner parfois, j’ai dû décoder certains comportements… Habibi a ses propres blessures aussi, et c’est peut-être ce passé commun qui nous permet de ne pas commettre trop de maladresses blessantes l’un envers l’autre…

      De douces et tendres pensées pour toi également qui chemines avec courage sur le chemin de la guérison et du pardon ❤

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  3. Tes mots sont bouleversants, Julie.
    Quel courage et quelle force d’avoir le recul suffisant pour analyser le passé.
    Quand on a été sous l’emprise malveillante d’une personne, se reconstruire prend beaucoup de temps mais on sent à travers tes mots que tu es sur le bon chemin.
    Bon courage dans ce chemin en tout cas.

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    1. Merci Elodie, pour ces mots bienveillants et encourageants.
      J’ai refusé trop longtemps d’ouvrir les yeux,et j’ai accepté trop longtemps de souffrir aussi pour qu’un jour je réalise à quel point il fallait que ça cesse.
      C’est long de se reconstruire mais ça prend le temps qu’il faut. Ce chemin a été semé d’embûches et j’ai plusieurs fois fait demi-tour ou alors je suis tombée sans savoir si j’avais la force de me relever. Pourtant je continue, et c’est moins caillouteux, moins douloureux. Il faut rester vigilants, pour que ces petits « démons » ne reviennent pas, et c’est là que le pardon apparaît nécessaire.
      J’étais bien faible au début, mais j’ai accepté ça, et ainsi je deviens plus forte.

      J’espère que tu vas bien, je te lis souvent sans jamais laisser de mot. Je viens de m’abonner à tes articles, à l’avenir j’oserai commenter 🙂

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  4. Merci pour ce témoignage Julie. La guérison ne se fait pas en un jour tu as raison : parfois des mois ou des années sont nécessaires, parfois elle nécessite une aide extérieure. J’ai du faire un travail sur moi-même d’un an et demi pour me sortir d’une situation amoureuse relativement toxique, avec l’aide d’une thérapeuthe. J’ai pu, je pense, m’en sortir car j’ai compris ma part de resposabilité dans la situation. Comprendre les choses permet d’en sortir, de les surmonter, de prendre un nouveau départ, plus forte, marquée mais consciente et riche de cela. Je t’embrasse Julie. Je te souhaite de guérir ❤

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    1. Merci ces mots tout doux, Cécile. Merci de partager toi aussi un peu de ta vie, et d’écrire comme tu as pu t’en sortir.
      Si j’ai été aveuglée par « l’amour » que je ressentais, je restais quand même lucide sur la toxicité de cette relation – et c’est en cela que j’ai besoin de me pardonner, de ne pas m’en vouloir ad vitam eternam de l’avoir laissé faire, et même de l’avoir tant désiré.
      Je n’ai pas vu de thérapeute, parce que j’en avais vu un quand j’étais plus jeune et je ne voulais pas renouveler ça… non, je ne me sentais pas prête à dévoiler tout ça, j’avais tellement honte de tout ce que j’avais pu le laisser faire, du plaisir que j’avais ressenti, et de ce sentiment de dégoût envers mon propre corps. Les blessures de l’enfance, nos « jeux d’adultes », tout ça se mélangeait dans ma tête…
      J’ai rencontré un homme, et cet homme-là ne m’a pas quitté. Parfois c’est difficile pour lui de m’aider à affronter tout ça, et j’en suis parfaitement consciente. Pourtant, il m’offre ce que je me refusais pour guérir, il m’a ouvert les yeux, il m’a montré la voie en me prouvant comme je pouvais aller mieux, comme j’étais précieuse.
      Je t’embrasse aussi, encore merci ❤

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  5. Waouhh Julie, je suis sans mots mais tellement touchée par la manière dont tu as écrit, les mots que tu as choisit ici pour nous faire partager ce terrible moment de ta vie…
    Tu as su je pense faire le bon choix en sachant dire stop même si aujourd’hui tout cela ne te quitte plus…
    Quel courage
    Je t’embrasse et tu es une personne rare et précieuse aux yeux de tes proches ceux qui t’aiment…

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    1. Merci pour ce commentaire qui me touche beaucoup Amandine, surtout la dernière phrase.
      Faire ce choix m’a coûté, mais aujourd’hui je ne regrette pas de l’avoir fait. Je guéris, tout doucement, comme je l’écris. Et surtout j’espère que certaines personnes – hommes ou femmes – souffrant d’une certaine emprise pourront s’en sortir un jour.

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      1. JE le souhaite pour eux pour leur bien. JE pense que tes mots sont assez fort ET vrai pour qu’ils comprennent ET réussissent à faire JE l’espère au moins la moitié de ton chemin. Ces personnes auront une
        Personne à contacter Si ils tombent sur ton article… on souhaite toujours faire remuer ou secouer quelque chose. Belle soirée

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  6. J’aime cette image que tu nous donne au début, que quand la page est tournée l’histoire ne s’efface pas.

    Se pardonner est une des choses les plus difficiles. Admettre nos erreurs, c’est douloureux. Et pourtant, prendre sur soi et accepter ce passé que l’on a construit par nos choix, c’est aussi grandir, et s’autoriser à prendre de meilleur choix, guidés par notre expérience.

    Le chemin que tu t’es tracé n’est pas lisse et droit, et pourtant si tu n’étais pas passé par toutes ces douleurs tu ne serais pas arrivée la même devant Habibi, et votre histoire n’aurait peut-être pas eu lieu.

    Pardonne-toi et dis-toi que tes bonheurs d’aujourd’hui tu les dois tout autant à tes errements qu’à tes forces.

    Ne reste pas fâchée contre toi-même.
    We’re only humans ❤

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    1. Ce sont des mots empreints de sagesse de ta part que je reçois le sourire aux lèvres. Merci à toi. J’ai été fâchée plusieurs années contre moi-même, mais je le suis beaucoup moins. Un jour, je ne le serai certainement plus, et j’attends patiemment que ça arrive. Comme tu le dis, il faut savoir tirer des leçons de ces expériences et ces choix passés, sans être trop dur envers soi-même. Encore merci❤

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  7. Quel superbe texte, quel superbe partage! Tu sais choisir les mots pour nous faire ressentir ce que tu as pu traverser.
    Je pense que l’on n’oublie jamais ce genre d’expérience toxique, par contre, on apprend à se reconstruire avec et malgré elle et souvent on devient plus forte, c’est ce que je te souhaite sincèrement.

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    1. Merci beaucoup Sophie.
      Ces expériences-là nous forgent en quelque sorte, et au-delà des blessures, on en apprend un peu plus sur soi-même, sur la vie qu’on souhaite se donner… Et oui, on en ressort plus fort malgré le désespoir qu’on peut ressentir parfois !

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  8. Hello Sweetie!
    Woaw! Tu es toujours debout!

    J’admire cette expérimentation que Tu T’es permise : aller là-bas pour réaliser que non, ce n’est pas ce que Tu veux.
    Pas de regrets à avoir : Tu as agi en Amour.
    Une partie de Toi voulait cela,l’a vécu et Tu en es sortie grandie.
    Tu fais confiance à nouveau, Tu vis l’Amour partagé : qui sait si Tu aurais su être avec Ton Habibi si Tu n’avais pas expérimenté cette part de Toi?
    Tu as le choix : Tu peux ne plus ressentir de souffrance. La douleur,c’est ce que l’on vit à l’instant T. La souffrance, c’est se trainer cette douleur sur des années.
    Bien sûr, on se sent salie,on culpabilise, mais au-delà de cela, il y a la Joie.
    Je nous vois comme des chimistes : nous faisons des mélanges,des expériences et parfois le résultat n’est pas celui que nous attendions.
    Mais là où le chimiste va dire : zut! pas le bon dosage,pas les bons ingrédients?
    Nous nous fustigeons, nous nous culpabilisons, nous nous enfermons dans une expérimentation plutôt que de prendre le recul nécessaire, nous laissons le contrôle de nos vies à nos émotions plutôt que d’entendre les messages cachés.
    Culpabiliser? Oui Tu peux mais quand Tu réalises que Tu as donné en toute confiance, en tout amour, vraiment voir cela, ressens -Tu toujours de la culpabilité?
    Cet homme n’a pas su voir, n’a pas su sortir de sa spirale auto-destructrice : est-ce à Toi de T’en vouloir?
    Je ne Te vois pas salie, je Te vois grandie.
    Malgré cette attraction, Tu as su dire : »non! », Tu as su Te choisir et cela est Merveilleux.
    Tu as choisi de ne plus vivre cet état de dévalorisation, de destruction,de laisser Ton pouvoir / vouloir entre les mains de quelqu’autre.
    Mes respects : chapeau bas. Je ne saurai dire l’admiration que je ressens.
    Je remercie cet homme pour avoir joué ce rôle qui Te permets aujourd’hui d’être Celle que Tu es.

    MERCI à Toi pour ce témoignage,MERCI d’en être sortie grandie.

    Je T’embrasse.

    Laetitia

    Aimé par 1 personne

    1. Et merci à toi pour ces mots.

      La souffrance s’efface et je regarde aujourd’hui ce temps passé de ma vie comme une étape nécessaire à ma guérison. Je crois que je voulais aider cet homme à construire mais ce n’était pas ce qu’il voulait. Je ne dirais pas qu’il ne m’a pas aimé, il a forcément ressenti quelque chose mais pas comme je le voulais. Et c’est parce qu’il se plaisait dans ce type de relation qui moi ne me plaisait pas que j’ai pris la décision de partir… Même si ça m’a pris du temps.

      Habibi ne supporte pas que je parle de cet homme, il estime qu’il m’a fait beaucoup de mal. Je ne lui en veux pas de penser aussi. A l’origine, je pense que nous avions de l’affection l’un pour l’autre mais nous ne voulions pas la même chose, tout s’est emmêlé et c’est là que j’ai commencé à souffrir…
      Je sais que cet homme aujourd’hui va mieux, qu’il vit avec une autre femme, dans une relation stable. Par contre je n’apprécie pas qu’il me contacte pour rappeler à mes bons souvenirs nos débats sexuels à la limite de la violence parfois. Alors je garde mes distances à présent, lui souhaitant d’être heureux.
      Maintenant je regarde le présent, j’ose même parfois sourire au futur qui m’attend.

      J'aime

  9. A vrai dire, je ne sais même plus comment je suis arrivée sur ton témoignage mais en fait ça ne m’étonne pas ! Ce que tu racontes me touche beaucoup. 13 ans déjà que cette histoire est terminée… Les premières années ont été consacrés à l’écriture, écriture pour comprendre, pour me comprendre, pour faire la « part des choses  » entre lui et moi. J’ai gardé ma part et je lui ai rendu symboliquement la sienne…OUf, c’était déjà ça de gagné… Ca m’a beaucoup allégé ! Et le temps est passé et il m’arrive encore parfois d’avoir de drôles de pensées de reprendre cette relation. Je n’en reviens pas moi-même mais ces moments-là ne dure pas… Je crois que ces relations toxiques sont là pour nous apprendre quelque chose sur nous-même et qu’elles ont beaucoup de sens même si elles sont si dure à vivre et à réparer. Merci encore de ce sincère et vibrant témoignage !

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    1. Merci à toi de venir compléter mon temoignage par le tien. J’ai moi aussi ces drôles de pensées fugaces qui disent « finalement, c’était pas si mal ! »et très vite elles disparaissent et tant mieux. Certes, il y a eu des bons moments, oui au début, mais ça n’a pas duré… Sans aucun doute, on apprend de ces relations qui nous blessent mais qui nous renforcent aussi…
      Merci encore !

      Aimé par 1 personne

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