Je souhaitais vous écrire aujourd’hui comme la vie est belle, mais je ne peux pas. Je n’y arrive pas. Même après une bonne nuit entre ses bras, je ne peux rien contre les fantômes du passé qui viennent assombrir le ciel. Je laisse passer l’orage, les mots pour décrire ce contre lequel je me bats depuis tant d’années maintenant paraissent dérisoires.

Vous parler de ça. Ce mal qui est partout, qui prend différentes formes, qui déforme les corps et les cœurs, qui déchire le ciel de cris que personne ne veut entendre. Vous parler de ça, de ce qu’on ne dit, qu’on n’admet qu’à demi-mots, dans un murmure et qu’on ose à peine écrire dans une lettre. Vous parler de ça, le combat contre la honte, pour restaurer l’intégrité, en marche vers le pardon sans lequel aucune guérison n’est possible. Vous parler de ça, que je déteste et qui fait de moi une victime, à peine reconnue et pourtant c’est bien au quotidien que je vis cette différence qu’il y a entre vous et moi.

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Je ne sais pas faire semblant et que je voudrais que ça change. Pouvoir coller un sourire sur mon visage lorsqu’il m’est impossible de penser à autre chose, apaiser ces battements douloureux dans mes tempes lorsque je marche et que tout ce que je souhaite c’est disparaître sous les draps. Ce matin, j’ai pleuré en sortant du lit. Ce matin, j’ai crié pour un tas de raisons sauf contre ce qui me ronge. Comme si j’étais moi-même atteinte de ce silence honteux que je déplore chez les autres, ce silence honteux que je m’épuise à briser avant qu’il ne me détruise complètement.

Je me suis déjà trompée, j’ai déjà cru que c’était terminé. Le mal revient, sournois, vicieux, collant, gluant, impossible à éloigner. S’il s’évanouit, il laisse dans l’air un parfum de malaise, que je tenterai d’effacer en me plongeant dans des eaux chaudes et parfumées, en pleurant longuement et doucement par peur de déranger, par peur qu’il ne se retourne et revienne me hanter. Chaque parenthèse où je reprends mon souffle, et chacun des mots murmurés dans mes prières sont le seul repos auquel je prétends avant qu’une autre crise ne survienne. Mon corps me brûle, là où les marques encore vives me rappellent un passé que j’aurais aimé ne jamais avoir à vivre.

Je veux encore me bercer d’illusions en restant légère, sans penser à la distance parcourue et au chemin que je dois encore suivre. Serai-je un jour totalement libérée ? Dans mon désespoir, des visages d’ami(e)s rayonnent de ces sourires bienveillants, de ces paroles d’amitié, d’un amour qui me soutient et m’offre quand je n’y croyais plus la possibilité de me relever et d’avancer.

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19 réflexions sur “Vous parler de ça.

  1. Hello sweetie!
    Depuis un long moment je n’avais pas regardé mes mails alors j’ai lu tes envois dans l’ordre : de la douceur, du bonheur,des chats,des fleurs.
    Et puis quand tout parait aller bien,ces images qui reviennent,ces émotions qui font que l’on oublie de s’aimer.
    Alors Julie, là est ‘invitation :ne rejette pas ces émotions,vis-les à fond, dis leur merci,dis-Toi merci car il faut une âme sacrément forte pour vivre ce qui a été vécu et être debout dans l’Amour comme Tu l’es.
    MERCI à Toi, Julie,enfant de Dieu,soeur de Jésus.
    Pardonne Toi,chère Soeur :car même si Tu es « victime », Tu Te vis « coupable ».
    Choisis d’être un jour celle qui aura pardonné à celui qui fut/est Ton « bourreau », car seule le pardon libère la personne qui fut victime.
    Même si Tu n’es pas prête maintenant : pose l’intention,tout simplement. Notre Père fera le reste.
    Parce que l’intention aura été posée et maintenue, un jour Tu réaliseras que Tu es (enfin) libre de cette histoire.
    Oui pleure cette enfant déchirée,entoure la de Ton Amour,serre la fort contre Ton coeur,tout comme je Te serre contre le mien.
    Est-ce qu’un jour ces pensées s’arrêteront,est-ce qu’un jour ces souvenirs s’effaceront?
    Ptêt bin qu’oui,ptêt’ bin qu’non.
    Mais savoir qu’ils reviendront, c’est leur donner moins d’impact que quand ils nous prennent par surprise.
    Ils disparaitront ou pas, mais Te trouveront toujours,Toi la soignante,l’Amie qui écoute, sans juger, l’Amie qui prend dans ses bras,l’Amie qui laisse pleurer,crier,l’Amie qui Aime.
    Peut-être que parler à un groupe, appeler un numéro d’aidants,ou autre Te fera du bien? Entendre Ta parole de souffrante sortir d’une autre bouche, Ta parole de soignante s’exprimer d’un autre coeur…
    Jésus a su pardonner à ses bourreaux et nous a ainsi démontré que nous pouvons en faire autant.
    Accorde Toi ce crédit,accorde Toi le temps.

    MERCI pour tous Tes partages…

    Je T’embrasse

    Laetitia

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    1. Merci à toi, Laeti, merci pour tes mots. Merci ma Soeur dans la Foi.
      Je pose l’intention comme tu dis, et surtout je fais confiance à Dieu qui m’accompagne dans les moments joyeux et légers comme dans les moments plus tristes et plus sombres, Dieu qui me permet d’aller mieux et de faire également confiance à celles et ceux qui peuvent m’entourer et m’accompagner également vers la guérison et le bien-être.
      Je m’accorde le temps, je m’accorde tout ce que mon corps et mon coeur ont encore besoin d’exprimer, d’expulser.
      Avec douceur, je t’embrasse.

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  2. Ma chère Julie, Cest fou comme tu peux passer Si rapidement de la joie à la tristesse, De La simple inquietude à la peur. Tu as l’air d’être une belle personne simple belle intelligente (on le devine dans tes mots) Mais en même temps quelque chose non plutôt une seule chose qui semble te ronger depuis tant d’année ou peut être en fait depuis tres peu de temps Mais ta maturité nous fait croire que cetait il y a 20 ans (sauf que ce n’est pas possible tu es si jeune;). Ce qui est Bien chez toi ma belle cest Que tu sembles réfléchir, tu te couches pour mieux te relever et je crois en toi tu vas y arriver Et tu as auras jen suis sure ta propre thérapie… bisous Amande

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    1. Tu lis le mal qui me ronge, me laisse parfois du répit – et heureusement, ces périodes sont de plus en plus longues, certainement le signe d’une guérison de plus en plus profonde – C’était, à une année près, il y a 20 ans, mon enfance dorée brisée par ce mal que je souhaite voir bien loin de moi parfois mais que j’accueille pourtant en moi pour tout doucement le reconstruire en acceptant qu’il soit une part de ma vie mais qu’il ne me définit pas.
      Merci d’avoir laissé ce petit mot plein d’espoir et de positif ❤

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  3. Voilà un article qui m’a bcp touché…qui m’a bcp parlé et qui m’a replongé dans mes propres souvenirs douloureux. J’ai également eu une période sombre où peu de choses me redonnait le sourire… Je ne faisait que ressasser encore et encore ces évènements…Ca peut être thérapeutique car on trouve « la sortie » seule… Il faut savoir faire face à ses démons, savoir poser des mots dessus et mettre une certaine distance entre nous et cet évènement passé… peut-être en mettant cette souffrance par écrit…
    J’espère que tout ira bien pour toi et que tu trouveras la force de laisser tout cela derrière toi.
    Courage.

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    1. J’espère ne pas avoir ravivé la douleur de ces souvenirs particuliers. Merci d’apporter un témoignage. Oui, on finit par trouver la sortie, un peu à tâtons et puis en se relevant tout doucement. L’écrit aide, il y a des pages noircies que je voudrais brûler quelque part, au calme, entourée d’amour, pour que la guérison s’installe plus profondément encore, que les douleurs ne paralysent pas certains jours.
      J’espère qu’aujourd’hui, toi aussi tu vas bien et que tu peux laisser ça derrière toi.

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  4. Coucou ma petite Julie, c’est bien d’en parler comme cela.
    Ceux qui t’aime, t’apporteront leurs propres expériences en matière de bien ou de mal…
    Une chose est sur, tant que le mal existera, je serais en face de lui pour l’arrêter !
    Gros bisous ma petite Juju, et ton Job…C’est tes débuts, toujours un peu compliqué de s’adapter et prendre ses marques au départ, mais tu ne t’inquiètes pas, ça va le faire très vite.
    Tony

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    1. Merci Tony, de te placer en si gentil bouclier contre le mal. Il y a des personnes bienveillantes qui m’entourent à présent, en qui j’ai confiance et qui m’ont aidée à m’ouvrir quand j’étais prête.
      Le job se passe bien, comme tu dis il faut s’adapter mais ça va, je ne m’inquiète pas.
      Des bisous Tony, et bon dimanche !!

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  5. Ce que tu dévoiles ici me donne encore plus envie de faire quelque chose en ce qui concerne ma propre famille …
    C’est bien d’en parler ouvertement. Tu n’as pas à te taire, ni à avoir honte.
    Tu devrais être soutenue. Et heureusement, tu as des personnes autour de toi qui t’apportent cette bienveillance.
    Je n’ai malheureusement rien à te conseiller … Mes démons sont moins violents, il me semble, et j’arrive petit à petit à les accepter sans trop savoir comment je fais. C’est le temps qui file et qui adoucit, sans doute.

    Je te souhaite de guérir. Je te souhaite d’arriver un jour à vivre en paix avec cette expérience redoutable. Tu le mérites !

    Je t’envoie pleins d’ondes positives, Julie !

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    1. Chacun ses démons, chacun ses blessures. Les tiens sont tout autant douloureux, et à toi de les apprivoiser comme tu peux. Je ne place pas ma douleur supérieure à celle des autres, je souhaite juste qu’on l’admette, qu’on l’accepte et que si on veut me connaître et m’aimer, qu’on apprenne à la comprendre.

      Ton article – auquel je n’ai pas manqué de réagir – m’a fait réfléchir à la place qu’on accorde à la honte et au silence dans ce genre de situation. Je me débarrasse parfois de cette honte, et puis elle revient soudainement, et repart. J’ai honte de ce que je n’ai pas compris tout de suite, de cet interdit que j’ai tu alors que si à l’époque j’avais parlé, peut-etre aurait-il eu le temps d’admettre et de demander pardon. Je dois néanmoins avancer dans la vie sans que ce manque ne me paralyse et ce n’est parfois pas évident…

      Merci pour tes mots !

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  6. Difficile d’en parler, difficile de trouver les mots justes, comme le dit Cécile. As-tu essayé d’en parler avec un professionnel? C’est un long chemin vers le pardon, un chemin de deuil. Je pense qu’on n’oublie jamais son passé – le tout est d’être en paix avec lui. Je t’embrasse bien affectueusement Julie et t’envoie plein d’amour. Que Dieu t’accompagne et te protège.

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    1. J’ai vu un professionnel quand j’avais 17 ans, un psy, les séances étaient gratuites parce que j’étais mineure. Je ne me souviens pas être là le voir souvent, je me souviens de 3 ou 4 séances, parfois j’allais mal, parfois j’allais bien, des fois je ne voulais pas y aller parce que ça me faisait ressasser. Après 6 mois, il m’a dit que j’avais tout ce qu’il me fallait pour m’en sortir, que je devais juste me faire confiance. Aussi brutalement que ça avait commencé, ça s’était arrêté.
      Aujourd’hui, je pense parfois à reprendre rdv. Mais je ne saurais pas par quoi commencer à vrai dire… Le tout est d’être en paix avec le passé, comme tu le dis si bien, et cette paix met longtemps à venir, demande de la patience, de l’amour, du travail… et de la foi. Sans Dieu je n’y arrivais pas. Depuis que je Lui ai ouvert mon coeur, je me sens mieux, plus forte, plus jamais seule.
      Je t’embrasse ❤

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  7. « en marche vers le pardon », le pardon envers toi-même, pour commencer, arrêter de t’en vouloir de te sentir mal et accepter que cet évènement, quel qu’il soit, fait partie de ta vie, comme tant de choses du passé, et qu’il participe à la construction de cette belle personne que tu es aujourd’hui. On a tous des démons qui reviennent nous visiter de temps à autre. Faire face et trouver la clé qui t’en libèrera n’est pas chose aisée. Tu es victime, pas coupable, et en tant que victime c’est normal/compréhensible que le trauma ressurgisse parfois… et ce n’est pas grave, ça ne change pas qui tu es, une jeune femme pleine d’amour.
    Tu dis que tu crie pour rien, tu as essayé le yoga dans ces moments-là ? Il faudrait trouver une routine qui te permette de t’apaiser pour chasser « le mal », en lui disant qu’il n’est pas le bienvenu. Je dis il faudrait, mais bien sûr c’est une suggestion, un conseil posé là, en espérant qu’aujourd’hui le sourire a retrouvé ton visage 🙂

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    1. Merci Cléa ❤ Pour ces mots empreints de bienveillance qui font du bien. Quand je dis que je crie pour rien, c'est que je m'emporte sur quelque chose qui n'a rien à voir alors que ma frustration, ma colère viennent de plus loin. Heureusement, ça m'arrive de moins en moins, le yoga aide tout comme le fait que je m'arrête, et je respire en prenant le temps de poser mes mains sur mon ventre et de fermer les yeux.
      Le sourire est revenu, et tant qu'il est là, je le savoure. Quand il partira, j'attendrai avec tout l'amour dont je suis capable et que je reçois, qu'il revienne 🙂

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  8. Je ne sais pas si on est un jour libérée de notre vécu. C’est comme des pics qui viennent se pointer dans le coeur parfois et qui nous noie mentalement et puis ça passe pendant un temps, puis ça revient. Je crois que le plus dur, c’est que parfois il suffit de rien pour se rappeler d’un détail et qui fait repartir la machine infernale. Comme un grain de sable qui vient perturber. Je laisse passer ces jours là. Aujourd’hui était un jour comme ça d’ailleurs, tout ça pour une remarque qui a dégénérée beaucoup trop violemment pour mon coeur d’amie et ça m’a fait replonger dans d’autres choses et ça été loin. J’ai laissé couler, essayé de voir mes ptits bonheurs justement, pleuré beaucoup et je me suis tournée vers vous toutes en essayant de rattraper mon retard parce que je savais que ça allait au moins m’enrichir d’amour, d’amitié et les câlins de ma Happy. Les fantômes vont repartir… parfois sans rien faire, juste en attendant, parfois j’ai besoin d’aide pour me relever parce qu’ils sont bavards bien trop, ces fantômes… gs bisous ma Julie et n’oublie jamais celle que tu es hein ? ❤

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