Depuis le 1e mai, j’ai rejoint une petite entreprise familiale, un établissement touristique en Normandie, au coeur du Pays d’Auge, avec pour activités les chambres d’hôtes, la réception de groupes pour des repas et des goûters… Je vis sur place, et j’organise mon temps selon mes besoins et mes obligations.

Il est 7h, début d’une nouvelle journée.

A quelques minutes près ou passé de quelques minutes. Depuis que j’ai des chats, je n’ai pas besoin de réveil. Je les entends s’agiter, leurs ronrons et leurs petits coups de nez me tirent doucement du sommeil. Ma première tâche de la journée sera de remplir leurs gamelles de croquettes pour l’une, et d’eau pour l’autre, sans oublier la petite caresse sur la tête et le petit bisou dans le cou s’ils se laissent attraper.

Une tasse de café bien chaude, à peine sucré, et quelques tartines grillés au fromage frais et confiture plus tard, je descends armée du téléphone de la résidence, de mon téléphone portable, et du combiné de mon fixe, ainsi que d’un grand sac dans lequel se trouve l’agenda, l’ordinateur portable, un bloc-notes, des crayons… j’essaie de ne rien oublier, sinon je remonterai, ce n’est pas loin : une dizaine de pas entre les tables et les chaises, deux portes à ouvrir, un virage à gauche, un petit escalier à monter, une autre porte à pousser et me voilà chez moi, là où les petits chats me regardent surpris que je sois déjà revenue ! Héhé, les amours, je ne reste pas, je redescends tout de suite…

Si je ne suis pas occupée à dresser une table et le buffet pour le petit-déjeuner, c’est que personne n’est resté cette nuit. Alors je fais le tour des blogs que j’aime lire – la journée commence généralement par la lecture d’un article ou deux – et vers 9h30 la vraie journée démarre.

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Les emails, check. Les réservations sur Booking, check. Les publications sur la page Facebook de la résidence, check. Les réservations de la semaine et du weekend, check. La comptabilisation des recettes, check. Le bilan des réserves pour les petits-déjeuners, check. Le téléphone sonne, ok. Le téléphone ne sonne pas, ok. Je monte à l’étage, vérifie trois fois si le chauffage est activé dans les chambres et s’il y assez de serviettes et de savons dans les salles de bains. Faut-il passer l’aspirateur une seconde fois ? le spray dépoussiérant qui fait briller le bois et parfume la pièce ? Y a-t-il encore de l’eau, et la coupelle avec les petits bonbons de bienvenue ?

Il est près de 12h et mon estomac me rappelle à l’ordre. Ma respiration commence à se bloquer, je m’affaire, bouscule tout, pense à pleins de choses et n’en note que la moitié, appelle le Manoir et discute avec Mme L. bien gentille et disponible, espère que Mr D. passera très vite avec le plombier pour réparer la fuite, et avec l’électricien pour monter mon matériel électronique perso dans mon logement… Il est plus de 12h30 et je verrouille la porte, éteins la lumière, laisse un mot avec un numéro où me contacter.

Je redescendrai vers 14h si je n’ai pas fait ce que j’avais à faire le matin. Je peux aussi attendre plus longtemps, m’allonger un peu. Je ferme les yeux une vingtaine de minutes. Une fois les bottes chaussées et la veste en laine enfilée, et autour du cou l’écharpe enroulée, je redescends. Il y a tant à faire, et il faut encore attendre. La patience, tout comme la confiance en soi et en notre équipe deviennent la clé. Je ne suis pas seule, la résidence avec la chambre, sa halette et sa cour ne m’appartiennent pas. On me demande d’apporter de l’innovation, une nouvelle énergie, des idées rafraîchissantes…

Nous avons de beaux projets

Cet ancien four à pain à allumer pour proposer une restauration « rapide » de qualité, un panini normand et gourmand ; une pièce à nettoyer, dont les murs sont à repeindre et à transformer en salon cosy et moelleux où les gens pourraient s’asseoir, lire des livres, boire un thé, chiner, manger un morceau de gâteaux… ; organiser des concerts en journée pour animer le village et faire naître une vie culturelle locale…

Cela demande du travail, de la recherche, de l’investissement, de l’organisation et tout un tas de choses que chacun de nous peut apporter et que nous devons faire ensemble.

Trouver ma place.

Je me pose un tas de questions :

Aura-t-il assez de rentrées d’argent pour me payer ? Comment faire pour diversifier nos activités ? Quelle stratégie adoptée pour que nous soyons plus visibles et que notre établissement soit un lieu de rendez-vous immanquable pour des groupes à la recherche d’un lieu où se restaurer ? Et si les clients des chambres n’aimaient rien et ne voulaient pas revenir ?

Et si mon organisation manquait d’organisation ? Et si je faisais tout de travers ? Et si je n’y arrivais pas ? Et si je ne trouvais pas ma place ? Et si en Novembre tout s’arrêtait comme ça d’un seul coup ?

Je ne travaille plus dans un cadre d’entreprise telle que nous connaissons actuellement. Mon contrat tient sur le verso d’une feuille A4. Je ne m’arrête pas aux formalités administratives, du moment que tout est en règle. Nous nous réunissons spontanément, ici ou au Manoir et nos discutons. Parfois les propos s’enflamment, nous butons sur certaines idées et la méthode à adopter. J’ai peur d’apporter un côté trop scolaire aux choses, j’essaie de penser à tout, de voir au-delà et surtout au long terme…

J’ai un toit sur ma tête, je n’ai pas à prendre la voiture pour aller travailler, à peine dehors je peux rejoindre un sentier de randonnée, les chats ont l’air heureux… je vis en campagne, l’air n’est pas pollué, la mer n’est pas loin. Je suis heureuse.

Une chose est sûre : J’ai trouvé ma voie.

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16 réflexions sur “Je travaille dans une petite entreprise familiale : mes débuts.

  1. C’est super chouette !
    J’espère pour toi que ça pourra continuer et que ça ira bien.
    Se sentir bien dans son travail, y prendre du plaisir et être investie, c’est sympa.
    Tes conditions de vie m’ont l’air très chouettes ! Profites de ce bonheur de tous les jours !

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    1. Bonsoir Rozie ! Mes conditions de vie sont vraiment chouettes, en effet. Une petite baisse d’énergie ces deux derniers jours mais j’espère reprendre du poil de la bête très vite et lancer les projets.
      C’est par petites touches, par petits changements qu’on arrivera à avancer 😊

      Aimé par 1 personne

  2. Je t’y sens pleinement épanouie Julie! C’est extra!
    Les doutes font avancer, alors n’ai pas peur d’en avoir. Je suis sûre que tout va bien se passer, même mieux que bien.
    J’ai été faire ma curieuse et qui sait j’espère qu’un de ces jours nous pourrons nous y arrêter avec l’escargot!

    Aimé par 1 personne

  3. Sympa et je vois que tu as des tas d’idées pour faire évoluer l’endroit et surtout le rendre plus visible. Ta maîtrise des réseaux sociaux sera un plus et pour éviter ‘l’isolement’ ou l’impression de tourner en rond, tu pourras te créer un réseau de personnes qui font le même travail. Bon courage

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ce commentaire positif et encouraeant ! L’endroit est resté trop longtemps isolé, il faut restaurer son âme, animer un peu le réseau -il y a d’ailleurs une page Facebook « Aux Trois Damoiselles ». 😊

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    1. Coucou Céline !
      Merci beaucoup pour la remarque sur la nouvelle couleur de cheveux 😊
      Mon « logement de fonction » est une petite maison à côté des chambres d’hôtes dont j’ai la gestion en main. Notre petite équipe fonctionne bien, on se prépare pour que nos services conviennent à nos clients, et il y a d’autres activités à développer en parallèle. L’ambiance dans le village est particulière mais je m’y sens bien 😊
      J’espère que tout se passe bien pour vous sur les routes de France et de Navarre 😘

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  4. Je suis sûre que tu vas donner un autre souffle à ce bel endroit (attends déjà qu’il y a une chambre qui s’appelle Delphine, je n’en suis pas remise, c’est top ! ^^) Je crois que plein de questions affluent quand on arrive dans un nouvel endroit et c’est bien normal, sinon ça montrerait qu’on n’a pas envie de s’investir et qu’on s’en fout. Pour la visibilité, perso je regarde souvent sur le site Weekendesk quand je cherche un endroit pour mes parents ou mon frère et ma belle-soeur. Ca permet d’optimiser les vues, plus on est sur des sites. Après je ne sais pas comment ça se passe pour y avoir sa place par contre. Si le site prend une part ou autre, mais bon, une sorte d’appel d’offres sur tous les sites possibles et pubs en tous genres et ce sera plus clair (si ce n’est pas déjà fait d’ailleurs ^^). Je suis contente que tu t’y sentes bien en tout cas et que ton nouveau chez toi bien pratique te convienne 🙂 Bisous ma Julie ❤

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  5. Eh bien ! Tu es déjà très organisée à ce que je vois 🙂
    Tu as suivi une formation pour tout cela ou bien tu apprends sur le tas ?
    Je trouve ça tellement incroyable, que tu vives à côté et t’organises comme tu le veux, je crois que j’adorerais ça. Après le risque c’est de ne jamais couper du travail, ne t’oublie pas non plus. Mais tu peux porter un projet extraordinaire, et tu as l’air de t’en donner les moyens. Je crois que la réussite de ce projet vaudra les quelques sacrifices de temps que tu feras en chemin 🙂 Et dis toi que plus le temps passe et plus les processus que tu mettras en place s’automatiseront, donc moins de temps à les faire !
    Bonne aventure 🙂

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