Ceci est une histoire vraie…

Un parking de supermarchĂ©. En plein jour. Fin de journĂ©e. Il a fait froid, puis l’air s’est rĂ©chauffĂ©. Je n’ai pourtant pas quittĂ© mon gilet, et j’ai de nouveau cette attitude crispĂ©e. Je viens de ranger les courses dans le coffre, et de raccrocher le tĂ©lĂ©phone : une amie vient de prendre de mes nouvelles.

Je suis prĂȘte Ă  partir, quand une voiture se gare alors je ne bouge pas. J’attends. J’ai besoin de respirer, de retrouver ce souffle qui me manque, je me sens Ă©puisĂ©e. La journĂ©e se termine, elle a Ă©tĂ© bien longue encore une fois, mais il y a eu de beaux sourires de belles rencontres. Je veux rentrer, me glisser dans mon pyjama, faire des caresses aux chats, boire un bon thĂ© bien chaud.

A travers la vitre, je reconnais ce regard et cette allure, ce sourire charmeur qui m’avait fait perdre pieds il y a plus de deux ans. Sans comprendre comment, le voilĂ  juste devant moi, cet homme que je croisais dans le village, que je dĂ©visageais au restaurant, qui me regardait dans les yeux et qui un jour avait disparu sans laisser de trace. Il allait mal Ă  l’Ă©poque et moi, je n’allais pas forcĂ©ment trĂšs bien non plus. Alors je sors de la voiture. Mon ton surpris et hĂ©sitant contraste avec l’assurance qui Ă©mane de lui. TrĂšs vite, je sens qu’il n’a pas changĂ©. Moi si.

Je me sens insensible devant son sourire qui a sĂ»rement dĂ» provoquer nombre d’Ă©mois chez les femmes. Ces questions restent gĂ©nĂ©rales et j’y rĂ©ponds sans trop de dĂ©tails. Je lui demande s’il va bien, il dit que oui. Je consulte ma montre. Il faut que je parte, que je rentre, j’ai du travail qui m’attend. Il prĂ©texte ĂȘtre lĂ  pour son travail lui aussi, il a donnĂ© rendez-vous Ă  un client. Je me moque du lieu de rendez-vous choisi : un parking de supermarchĂ©, vraiment ?

Et tout bascule. Il se rapproche, et je recule. La fumĂ©e de la cigarette qu’il a eu le temps d’allumer donne un goĂ»t Ăącre Ă  l’air que je respire. Il est beaucoup trop prĂšs. Je le regarde, surprise. Un autre pas pour rĂ©tablir la distance, pour dire au revoir, pour me faufiler vers ma voiture, pour m’enfuir, mais mon corps douloureux est lent : il m’attrape et me pousse de tout son poids sur le siĂšge du conducteur, par la portiĂšre qu’il avait laissĂ©e ouverte. Ses mains se baladent le long de ma hanche et descendent entre mes jambes alors je crie.

« Non ! »

Je sens son souffle dans mon cou, sa main plus prĂ©sente, et son corps prĂȘt Ă  Ă©craser le mien. Je le pousse et je l’entends ricaner. Je ferme les yeux et je tends les bras de toutes mes forces.

« Laisse-moi tranquille ! Ne me touche pas ! »

Ma main fouette son visage et sous le coup de la surprise, il se raidit et s’Ă©loigne. J’en profite pour regagner ma voiture et m’enfermer, Ă  bout de souffle. Il ricane toujours, et remonte dans sa voiture, s’Ă©loigne. Personne n’a rien vu, ni rien entendu. Tout s’est passĂ© trĂšs vite, et c’est terminĂ©.

Il m’a laissĂ©e partir, mais son odeur flotte autour de moi. Je mettrai plus de 20 minutes Ă  rentrer, le coeur battant, le corps choquĂ©. J’ai froid depuis. Je vais aller prendre une douche pour faire passer la nausĂ©e. 

Je ne portais rien de moulant : un jeans, un pull fin et un gilet. On ne se connaissait pas vraiment, et je ne l’avais pas vu depuis plus de deux ans. Alors dĂźtes-moi, comment en arrive-t-il Ă  penser qu’il puisse me traiter de la sorte, sur un parking de supermarchĂ©, en dĂ©but de soirĂ©e, alors que je me contente simplement de lui dire bonjour et d’Ă©changer quelques mots ? 

Je n’aurais pas dĂ» sortir de la voiture, je n’aurais pas dĂ» sourire, je n’aurais pas dĂ» lui dire « tu », je n’aurais pas dĂ» lui demander s’il allait bien…

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23 réflexions sur “Non, je ne te laisserai pas faire…

  1. Hello Sweetie!
    Comment ça Tu n’aurais pas du!!!?
    Depuis quand dire « Bonjour! Comment vas tu? » signifie « prends moi de force sur le parking »?
    Bien sĂ»r que tu as bien fait! C’est lui qui n’aurait pas du! C’est lui qui a manquĂ© de respect,lui qui a voulu te prendre comme on prend un lĂ©gume sur un Ă©tal,lui qui s’est trompĂ© car tu es un animal sauvage et doux(tigresse,lionne,chatte…) qui sait se dĂ©fendre apparemment!;-)
    Lui qui a tout faux!
    Les victimes d’agressions (sexuelle ou non) sont les victimes,pas les coupables/responsables!
    Dans la nature,les prĂ©dateurs choisissent les animaux faibles et fatiguĂ©s : cet homme est un prĂ©dateur qui a senti Ta fatigue et c’est Ta Force qui s’est rĂ©vĂ©lĂ©e.
    Un pas de plus sur le chemin du respect de Toi : choquĂ©e,nausĂ©euse,mais debout et Tu sais maintenant que Tu as des griffes que Tu es capable de sortir mĂȘme fatiguĂ©e.
    Je Te félicite pour Ton attitude réactive et pour ceci : Tu es sortie du rÎle de victime dû à Ton passé. Vois cette aventure comme une forme de test de Toi envers Toi.
    Tu as su dire NON et faire respecter ce NON.
    Tu es libre de le signaler ou non Ă  la police ou Ă  la gendarmerie, ainsi qu’au personnel du magasin, quoi que Tu choisisses ce sera la bonne attitude parce que ce sera TON choix.
    Bravo pour Ton courage.

    Je T’Aime

    Laetitia

    Aimé par 3 personnes

    1. Je ne sais pas oĂč je suis allĂ©e chercher ce courage, j’aurais pu le laisser faire parce que j’Ă©tais tellement surprise, et choquĂ©e. J’ai pris le dessus parce qu’il le fallait, parce que ça ne pouvait pas se passer comme ça, parce que je ne pouvais pas le laisser me traiter ainsi et je ne peux pas cautionner un tel comportement.
      Je me sens encore mal ce matin, pas fautive mais plutĂŽt mal Ă  l’aise face Ă  ce genre de comportement qui malheureusement se banalise… Je ne sais pas si je dois le signaler, je devrais alors expliquer le « passif » que nous avons, ce petit jeu de regards d’il y a quelques annĂ©es qui pour moi Ă©tait lĂ©ger et qui apparemment pour lui voulait dire bien autre chose. Je ne voudrais pas qu’on m’accuse de l’avoir cherchĂ© Ă  l’Ă©poque, et donc d’avoir mĂ©ritĂ© cette attitude… Depuis, j’ai grandi en amour envers moi-mĂȘme comme tu le sais, mais lui a voulu s’amuser et je ne l’ai pas laissĂ© faire.
      Merci pour tes mots ❀

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      1. Tu le signales,si Tu le sens.
        Mais le « passif » dont Tu parles est lointain : cela ne justifie en rien cette attitude. Quoi : il faudrait se balader les yeux baissĂ©s parce que nous sommes femmes?
        Julie : TU N’ES PAS RESPONSABLE et si Tu n’en parles pas Ă  cause de ce jeu de regards c’est diffĂ©rent de si Tu n’en parles pas parce que pour Toi c’est terminĂ©.

        Si jamais il T’arrive de le recroiser, regarde le fiĂšrement,ne baisse pas le regard.

        Et si par le plus grand des hasards Tu vas porter plainte et que l’officier en face de Toi semble dire que Tu es un peu responsable, dis lui que Tu viens parce qu’il pourrait s’en prendre Ă  sa mĂšre, sa femme, sa fille ou sa niĂšce 😉
        Dis lui que oui Tu es coupable de politesse et que Tu assumes.
        Tu Te doutes bien que c’est Ă  l’officier en Toi qu’il Te faut parler avant tout!

        Bisousssss !

        Aimé par 1 personne

        1. Pour moi il n’y aucun doute possible, quand il a quittĂ© le village ce petit jeu qui n’Ă©tait qu’innoncent s’est terminĂ© et le charme Ă©tait rompu. Le revoir m’a fait plaisir mais je n’ai ressenti aucune attirance. D’oĂč ma rĂ©sistance et mon opposition.

          Si je me dĂ©cidais Ă  le signaler, je n’hesiterais pas Ă  dire ce que tu viens d’Ă©crire. Et c’est aussi pour protĂ©ger les autres mĂšres, filles, soeurs de ce genre d’hommes que je me dĂ©ciderais Ă  parler ou Ă  fiĂšrement tenir tĂȘte devant ce genre de comportements indĂ©cents et inacceptables !

          Je t’embrasse !!

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  2. C’est trĂšs grave Julie, ce qui vient de t’arriver. Peut-ĂȘtre cela t’est-il arrivĂ© il y a longtemps dĂ©jĂ  ?

    Si tu le connais, si tu connais son nom, peut-ĂȘtre pourrais-tu aller porter plainte ? Je sais comme ça n’a rien d’Ă©vident … Fais-le si ça t’apaise.

    Cet homme t’a agressĂ© impunĂ©ment, sans aucune raison valable. Sans doute a-t-il parfaitement connaissance de son charme, sans doute est-il persuadĂ© qu’aucune femme ne lui rĂ©siste, sans doute est-il comme ce violeur qui s’ignore dans « 13 reasons why » (j’espĂšre que je ne te spoile pas, il me semble que tu l’as vue).

    Dans tous les cas, c’est un agresseur. Je suis sincĂšrement triste, et en colĂšre. Je t’envoie toutes mes plus belles pensĂ©es. De lĂ  oĂč je suis, je pense Ă  toi. J’espĂšre que tu es rassurĂ©e. J’espĂšre que tu ne le recroiseras plus jamais et qu’il vit loin de toi, pour que tu n’aies pas peur de sortir et de le rencontrer encore.

    Tu n’as pas besoin de nous dire ce que tu portais, oĂč ne portais pas. Ce que tu as dit, ou pas. Tu n’as pas dit « Serre-moi, ni embrasse-moi ». Il a tentĂ©, tu as dit « Non ! », tu l’as repoussĂ©.

    Passe une belle journée.

    Je t’embrasse affectueusement.

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    1. C’est arrivĂ© hier soir, Rozie, et c’est la deuxiĂšme fois que je suis agressĂ©e de la sorte. La premiĂšre fois, c’Ă©tait au Havre, un homme m’avait suivi en voiture le matin, avait attendu que je ressorte de l’immeuble oĂč habitaient un couple d’amis le soir et puis m’avait aspergĂ© de parfum : je n’y voyais plus rien, il avait du champagne et des biscuits, il voulait manger Ă  Mac’Do et ensuite m’emmener dans un hĂŽtel oĂč me faire un tas de choses… je suis sortie de la voiture en plein trafic Ă  un feu rouge, et je suis rentrĂ©e dĂ©vastĂ©e. Le lendemain j’allais porter plainte, on m’a demandĂ© de nombreuses fois comment Ă©tait ma tenue, ce que je lui avais dit, comment je l’avais rencontrĂ© : il s’Ă©tait simplement arrĂȘtĂ© sur le cĂŽtĂ© de la route, avait demandĂ© son chemin et ensuite avait demandĂ© mon numĂ©ro et je ne lui avais pas donnĂ©, j’Ă©tais partie sans penser qu’il m’attendrait ainsi… La police ne l’a jamais retrouvĂ©, je ne connaissais pas son nom et ils avaient l’air de penser que tout Ă©tait de ma faute.

      Cette fois-ci, je connais le prĂ©nom de cet homme, je l’ai cĂŽtoyĂ© pendant quelques semaines il y a plus de deux ans, nous nous croisons car nous travaillions dans le mĂȘme village. Nous avons quelques regards l’un envers l’autre, un Ă©change de mots, oui l’ambiance Ă©tait Ă©lectrique, l’attirance physique indĂ©niable mais je n’avais jamais rien permis parce que je ne le voulais pas : ce petit jeu me faisait sourire mais jamais je ne l’avais invitĂ© Ă  plus. Il avait disparu du jour au lendemain, sans laisser de traces, je n’avais pas eu de nouvelles jusqu’Ă  le croiser hier soir, jusqu’Ă  discuter un petit peu avec lui, et jusqu’Ă  ce qu’il se comporte ainsi… Il a parfaitement conscience de son charme et est persuadĂ© que je n’y rĂ©sisterais pas… sauf que j’ai bien changĂ© ces derniĂšres annĂ©es, je ne suis pas du tout dans le mĂȘme Ă©tat d’esprit et surtout je ne me considĂšre plus comme un objet, j’ai de l’amour et du respect envers ma personne, me protĂ©geant ainsi de ce genre de comportement et de rencontre. Je ne l’ai vraiment pas vu venir, je pensais qu’il entendrait ce nom, qu’il comprendrait d’un regard que je n’Ă©tais pas intĂ©ressĂ©e. Mais ça n’est pas le cas…

      Je m’attends Ă  ce qu’il soit dans la rĂ©gion pour des raisons professionnelles, il conduisait une voiture de fonction. J’espĂšre juste qu’il me laissera tranquille si je devais le croiser de nouveau. En tout cas, je l’ignorerai Ă  l’avenir !

      Merci Rozie, et non tu ne m’as pas spoilĂ©, j’ai regardĂ© tous les Ă©pisodes…
      ❀

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  3. J’ai lu ton article vite fait ce matin juste aprĂšs avoir vu la video de cette journaliste qui se fait agresser par un jeune tennisman sous les applaudissements d’un Leconte hilare. Je n’ai pas pu le commenter de suite mais je tiens a te dire que j’ai Ă©tĂ© choquĂ©e par l’attitude de ce type. Ce genre de chose se banalise et c’est du coup la victime qui se demande si elle n’a pas Ă©tĂ© provocante. Ce qui t’est arrivĂ© est inadmissible. Merci d’avoir eu le courage de l’Ă©crire.

    Aimé par 2 personnes

    1. Si en plus les tennismen s’y mettent… quelle horreur quoi…
      Ce type a eu une attitude choquante, une attitude surtout que je n’accepte plus envers moi-mĂȘme mais surtout de façon gĂ©nĂ©rale envers les femmes… Que nous nous connaissions un peu d’il y a quelques annĂ©es, que nous ayons par le passĂ© ressenti une attirance l’un pour l’autre bien qu’il ne se soit jamais rien passĂ©, n’autorise en aucun cas le comportement qu’il a eu hier soir…
      Merci d’avoir rĂ©pondu Ă  cet article ❀

      Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup d’avoir laissĂ© ce petit mot, mon rĂ©cit est peut-ĂȘtre biaisĂ© par ce qu’on appellerait « ma vĂ©ritĂ© », « mon point de vue ». Je ne minimise en rie mon comportement, je raconte les faits, et cet homme n’aurait pas dĂ» se comporter ainsi.

      Aimé par 1 personne

  4. J’avoue ne pas avoir lu les autres commentaires… Peut-ĂȘtre as-tu dĂ©jĂ  rĂ©pondu Ă  cette question : n’est-il pas possible de porter plainte ? (contre X, j’ai vu que tu n’avais pas le nom de cet homme) car tu n’as rien fait de mal et tu as bel et bien Ă©tĂ© agressĂ©e… tu n’es coupable de rien de tout ! Courage Julie ❀

    Aimé par 1 personne

    1. J’ai peur de faire ça. Peur de raconter l’histoire encore, qu’on me dise que je fais ma fille farouche et fragile, la pauvre petite victime tout simplement parce qu’on se connaissait un peu, qu’Ă  une Ă©poque j’ai pu m’amuser un peu avec ce charme qu’il dĂ©gageait… j’ai peur qu’on m’accuse de l’avoir cherchĂ©, de l’avoir provoquĂ©…

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  5. Non c’est non ma Julie dĂ©jĂ , il n’y a pas de « je n’aurais pas dĂ» faire telle chose ». Ce sont des mecs qui sont malades, peu importe ce que tu leur dis, peu importe ce que tu portes, ils agiront par pulsion. Ce n’est pas toi la coupable mais la victime, mĂȘme si parfois on inverse les rĂŽles parce que justement on pense avoir fait quelque chose qui pouvait entraĂźner leur geste. J’ai juste lu le commentaire de CĂ©cile comme elle est juste au-dessus du mien, mais je suis d’accord avec elle. En 2001 en automne, sur un parcours de santĂ©, dans la forĂȘt qui longe chez mes parents, j’Ă©tais vĂȘtu d’un pull col roulĂ©, d’un jean, d’un anorak et j’ai fini par terre avec ce connard sur moi… je suis rentrĂ©e en Ă©tat de choc, mes parents m’ont emmenĂ©e Ă  la gendarmerie, j’ai acceptĂ© de porter plainte, ils sont mĂȘme revenus avec moi sur les lieux pour voir s’ils pouvaient trouver des traces de sperme comme il avait eu le temps d’Ă©jaculer. Ils m’ont fait voir des portraits pour voir s’il Ă©tait fichĂ©, Ă  chaque page j’avais peur de tomber sur son regard. Il n’y Ă©tait pas. L’interrogatoire a durĂ© un moment, il a fallu tout raconter c’est sĂ»r. RĂ©pondre Ă  la question : comment Ă©tiez vous habillĂ©e ? est-ce que quelque chose aurait pu l’attirer dans votre comportement ? Je me suis fermĂ©e comme une huitre Ă  ce moment lĂ … Ma mĂšre n’a jamais rĂ©alisĂ© ce qu’il avait fait. On Ă©tait Ă  table, j’essayais de manger les larmes aux yeux, elle a souri en disant « notre phiphine plait aux hommes »…. et lĂ  ça Ă©tĂ© la fin et je peux te dire qu’Ă  l’heure actuelle je n’ai pas pardonnĂ© ça… J’Ă©tais anorexique Ă  l’Ă©poque, je suis tombĂ©e dans la boulimie, je mangeais jusqu’Ă  ĂȘtre capable d’oublier enfin ce regard, ses mains dĂ©gueulasses sur moi, son sexe contre mon pantalon. Et dĂšs qu’il rĂ©apparaissait, je recommençais Ă  me remplir. Quelques semaines aprĂšs j’ai eu une lettre du tribunal comme quoi ma plainte Ă©tait arrivĂ©e chez eux, que le service d’aide aux victimes Ă©tait prĂ©sent si j’avais besoin… j’ai tout dĂ©chirĂ© en me disant que c’Ă©tait trop tard, j’Ă©tais dĂ©jĂ  de nouveau dĂ©truite par autre chose. J’ai mis Ă©normĂ©ment de temps Ă  me remettre et son regard ne s’est jamais effacĂ©. Ce qui m’a aidĂ©e c’est de me dire qu’il fallait au moins arrĂȘter ce dĂ©sastre sur mon corps parce que c’est comme s’il me souillait une 2nde fois, alors ça s’est estompĂ©…
    Ne laisse pas ce geste. Faire la plainte est compliquĂ©e et elle arrache les tripes surtout quand ils posent ces fameuses questions… mais au moins c’est faire quelque chose. En parallĂšle de leurs questions qu’ils Ă©taient obligĂ©s de me poser, ils m’ont rĂ©pĂ©tĂ© que je n’Ă©tais pas coupable et qu’il ne faudrait jamais l’oublier. J’ai fini par y arriver, jusqu’Ă  ce qu’un autre recommence au point de massacrer l’intĂ©rieur ce coup-çi… On n’est pas des objets, ni des morceaux de viande dont on peut disposer Ă  sa guise. Je n’ai mĂȘme pas de conseil Ă  te donner ma belle 😩 Ă  part celui de parler, de tout faire sortir, de te rĂ©pĂ©ter inlassablement que c’est toi la victime et que tu n’es pas coupable, mais ne reste pas seule. A l’Ă©poque, vu le comportement de ma mĂšre, je n’en ai plus jamais reparlĂ© Ă  qui que se soit, parce que j’avais honte, lĂ  oĂč je n’aurais dĂ» l’avoir… Mais j’aurais aimĂ© pouvoir me confier en tout cas.
    Prends soin de toi ma belle Julie, ça met du temps, Habibi pourra t’aider beaucoup avec sa douceur je pense aussi. Je suis lĂ  en mp sur fb si je peux faire quoique se soit, tu n’es pas seule ❀ je pense Ă  toi et te serre trĂšs fort dans mes bras. Gs gs bisous

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    1. Oh mon Dieu Delphine, je n’avais pas idĂ©e de ce par quoi tu Ă©tais passĂ©e… ❀ Mon coeur de femme saigne pour toi, et pleure avec toi et j'essaie de t'envoyer autant d'amour que possible. Quelle force tu as eu de parler Ă  l'Ă©poque ! MĂȘme si bien sĂ»r le commentaire de ta maman est trĂšs maladroit, elle voulait certainement essayer de dĂ©dramatiser la situation parce que dans ces cas-lĂ , c'est plus facile Ă  affronter… mais ça n'arrange rien.
      Habibi a su Ă©couter. Puis il a dit Ă©galement que son comportement pouvait ĂȘtre expliquĂ© par mon comportement dans le passĂ©, que peut-ĂȘtre avant quand on travaillait dans le mĂȘme village, je l'avais laissĂ© penser que j'Ă©tais une fille facile et qu'il pouvait se servir. Ok, je le regardais, je lui rendais ses oeillades parce que c'Ă©tait un bel homme, parce que son charme me faisait sourire mais jamais oh grand jamais je n'ai tentĂ© de faire quoi que ce soit et je n'ai eu envie de faire quoi que ce soit. Hier, quand je l'ai revu, je n'ai pas pensĂ© mais juste au joli sourire que ça apportait de voir un visage familier absent depuis quelques temps… et puis j'ai vite dĂ©chantĂ©, trĂšs vite dĂ©chantĂ© quand j'ai compris qu'il ne voulait que ça : se presser contre moi, m'embrasser, me prendre et se faire plaisir. Il a dit "allez, on s'amuse, il n'y a pas de mal !" sauf que ça ne m'a pas amusĂ© de me retrouver presque Ă©crasĂ©e contre sa voiture puis poussĂ©e de force sur le siĂšge, de sentir qu'il Ă©tait excitĂ© et qu'il tentait de m'embrasser… non, ça ne m'a pas amusĂ© du tout, et c'est bien au-delĂ  d'un simple Ă©change de regards et de sourires que je considĂ©rais Ă  l'Ă©poque comme innocent…
      Alors voilĂ , je me suis bien trompĂ©e et c'est en ça que je me sens coupable : ai-je envoyĂ© le mauvais message ? ne serais-je donc qu'un morceau de chair fraĂźche dont on peut se rĂ©galer ? Je suis fatiguĂ©e de ce genre de comportement, et je n'ai certainement pas envie de passer mon temps Ă  faire la tĂȘte au lieu de sourire parce que de toute façon, quand un mec suit une pulsion, il n'en a rien Ă  faire que tu dises non et que tu ne le regardes pas. Il te force ! Et ça, ça doit s'arrĂȘter. Les hommes doivent arrĂȘter de penser qu'ils peuvent nous traiter ainsi !

      Ma chĂ©rie, ma Delphine, je t'envoie autant d'amour que possible et si mes bras pouvaient t'atteindre, je te serrerais trĂšs fort pendant de longues minutes !! ❀

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  6. À aucun moment Ă©changer des regards appuyĂ©s ça signifie qu’une personne est autorisĂ©e Ă  faire ces choses-lĂ . Le consentement est un concept trĂšs dur Ă  saisir chez certaines personnes. Tu lui as dis non, et avec une personne sensĂ©e ça aurait dĂ» suffire. Ces hommes qui sont persuadĂ©s qu’ils ont des droits sur nos corps, c’est rĂ©voltant. Tout est fait dans notre sociĂ©tĂ© pour qu’on culpabilise sur notre fĂ©minitĂ© et notre comportement. Je ne comprends pas que quand tu portes plainte on te demande comment tu Ă©tais habillĂ©e. Est ce que ça rend l’agression moins grave si tu Ă©tais en jupe ? N’importe quoi. J’espĂšre que tu t’es apaisĂ©e depuis, et que tu as rĂ©ussi Ă  sortir du brouillard. Sache que, d’aprĂšs ton rĂ©cit, je te trouve fidĂšle Ă  toi mĂȘme, la personne souriante qu’on retrouve dans tes articles et photos instagram, au coeur simple et gĂ©nĂ©reux. Il n’y a pas de « je n’aurais pas dĂ» sortir » puisque c’Ă©tait un Ă©lan naturel quand on revoit une personne depuis longtemps. Tu as dit non quand il fallait, et tu as su te dĂ©fendre. Puise dans cette force que tu as en toi pour te guĂ©rir ❀ des bises Julie

    Aimé par 1 personne

  7. Mais oui, ce mec Ă  un sĂ©rieux problĂšme ! Tu n’as rien Ă  voir la dedans…Depuis quand on se jette sur les femmes comme ça, comme si on Ă©tait un bout de viande ! Je n’arrive mĂȘme pas a le croire… Tu as fait ce que tu avais Ă  faire. C’est fou ça… Je t’embrasse chaleureusement.

    Aimé par 1 personne

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