Ceci est une histoire vraie…

Un parking de supermarché. En plein jour. Fin de journée. Il a fait froid, puis l’air s’est réchauffé. Je n’ai pourtant pas quitté mon gilet, et j’ai de nouveau cette attitude crispée. Je viens de ranger les courses dans le coffre, et de raccrocher le téléphone : une amie vient de prendre de mes nouvelles.

Je suis prête à partir, quand une voiture se gare alors je ne bouge pas. J’attends. J’ai besoin de respirer, de retrouver ce souffle qui me manque, je me sens épuisée. La journée se termine, elle a été bien longue encore une fois, mais il y a eu de beaux sourires de belles rencontres. Je veux rentrer, me glisser dans mon pyjama, faire des caresses aux chats, boire un bon thé bien chaud.

A travers la vitre, je reconnais ce regard et cette allure, ce sourire charmeur qui m’avait fait perdre pieds il y a plus de deux ans. Sans comprendre comment, le voilà juste devant moi, cet homme que je croisais dans le village, que je dévisageais au restaurant, qui me regardait dans les yeux et qui un jour avait disparu sans laisser de trace. Il allait mal à l’époque et moi, je n’allais pas forcément très bien non plus. Alors je sors de la voiture. Mon ton surpris et hésitant contraste avec l’assurance qui émane de lui. Très vite, je sens qu’il n’a pas changé. Moi si.

Je me sens insensible devant son sourire qui a sûrement dû provoquer nombre d’émois chez les femmes. Ces questions restent générales et j’y réponds sans trop de détails. Je lui demande s’il va bien, il dit que oui. Je consulte ma montre. Il faut que je parte, que je rentre, j’ai du travail qui m’attend. Il prétexte être là pour son travail lui aussi, il a donné rendez-vous à un client. Je me moque du lieu de rendez-vous choisi : un parking de supermarché, vraiment ?

Et tout bascule. Il se rapproche, et je recule. La fumée de la cigarette qu’il a eu le temps d’allumer donne un goût âcre à l’air que je respire. Il est beaucoup trop près. Je le regarde, surprise. Un autre pas pour rétablir la distance, pour dire au revoir, pour me faufiler vers ma voiture, pour m’enfuir, mais mon corps douloureux est lent : il m’attrape et me pousse de tout son poids sur le siège du conducteur, par la portière qu’il avait laissée ouverte. Ses mains se baladent le long de ma hanche et descendent entre mes jambes alors je crie.

« Non ! »

Je sens son souffle dans mon cou, sa main plus présente, et son corps prêt à écraser le mien. Je le pousse et je l’entends ricaner. Je ferme les yeux et je tends les bras de toutes mes forces.

« Laisse-moi tranquille ! Ne me touche pas ! »

Ma main fouette son visage et sous le coup de la surprise, il se raidit et s’éloigne. J’en profite pour regagner ma voiture et m’enfermer, à bout de souffle. Il ricane toujours, et remonte dans sa voiture, s’éloigne. Personne n’a rien vu, ni rien entendu. Tout s’est passé très vite, et c’est terminé.

Il m’a laissée partir, mais son odeur flotte autour de moi. Je mettrai plus de 20 minutes à rentrer, le coeur battant, le corps choqué. J’ai froid depuis. Je vais aller prendre une douche pour faire passer la nausée. 

Je ne portais rien de moulant : un jeans, un pull fin et un gilet. On ne se connaissait pas vraiment, et je ne l’avais pas vu depuis plus de deux ans. Alors dîtes-moi, comment en arrive-t-il à penser qu’il puisse me traiter de la sorte, sur un parking de supermarché, en début de soirée, alors que je me contente simplement de lui dire bonjour et d’échanger quelques mots ? 

Je n’aurais pas dû sortir de la voiture, je n’aurais pas dû sourire, je n’aurais pas dû lui dire « tu », je n’aurais pas dû lui demander s’il allait bien…

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23 réflexions sur “Non, je ne te laisserai pas faire…

  1. Hello Sweetie!
    Comment ça Tu n’aurais pas du!!!?
    Depuis quand dire « Bonjour! Comment vas tu? » signifie « prends moi de force sur le parking »?
    Bien sûr que tu as bien fait! C’est lui qui n’aurait pas du! C’est lui qui a manqué de respect,lui qui a voulu te prendre comme on prend un légume sur un étal,lui qui s’est trompé car tu es un animal sauvage et doux(tigresse,lionne,chatte…) qui sait se défendre apparemment!;-)
    Lui qui a tout faux!
    Les victimes d’agressions (sexuelle ou non) sont les victimes,pas les coupables/responsables!
    Dans la nature,les prédateurs choisissent les animaux faibles et fatigués : cet homme est un prédateur qui a senti Ta fatigue et c’est Ta Force qui s’est révélée.
    Un pas de plus sur le chemin du respect de Toi : choquée,nauséeuse,mais debout et Tu sais maintenant que Tu as des griffes que Tu es capable de sortir même fatiguée.
    Je Te félicite pour Ton attitude réactive et pour ceci : Tu es sortie du rôle de victime dû à Ton passé. Vois cette aventure comme une forme de test de Toi envers Toi.
    Tu as su dire NON et faire respecter ce NON.
    Tu es libre de le signaler ou non à la police ou à la gendarmerie, ainsi qu’au personnel du magasin, quoi que Tu choisisses ce sera la bonne attitude parce que ce sera TON choix.
    Bravo pour Ton courage.

    Je T’Aime

    Laetitia

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    1. Je ne sais pas où je suis allée chercher ce courage, j’aurais pu le laisser faire parce que j’étais tellement surprise, et choquée. J’ai pris le dessus parce qu’il le fallait, parce que ça ne pouvait pas se passer comme ça, parce que je ne pouvais pas le laisser me traiter ainsi et je ne peux pas cautionner un tel comportement.
      Je me sens encore mal ce matin, pas fautive mais plutôt mal à l’aise face à ce genre de comportement qui malheureusement se banalise… Je ne sais pas si je dois le signaler, je devrais alors expliquer le « passif » que nous avons, ce petit jeu de regards d’il y a quelques années qui pour moi était léger et qui apparemment pour lui voulait dire bien autre chose. Je ne voudrais pas qu’on m’accuse de l’avoir cherché à l’époque, et donc d’avoir mérité cette attitude… Depuis, j’ai grandi en amour envers moi-même comme tu le sais, mais lui a voulu s’amuser et je ne l’ai pas laissé faire.
      Merci pour tes mots ❤

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      1. Tu le signales,si Tu le sens.
        Mais le « passif » dont Tu parles est lointain : cela ne justifie en rien cette attitude. Quoi : il faudrait se balader les yeux baissés parce que nous sommes femmes?
        Julie : TU N’ES PAS RESPONSABLE et si Tu n’en parles pas à cause de ce jeu de regards c’est différent de si Tu n’en parles pas parce que pour Toi c’est terminé.

        Si jamais il T’arrive de le recroiser, regarde le fièrement,ne baisse pas le regard.

        Et si par le plus grand des hasards Tu vas porter plainte et que l’officier en face de Toi semble dire que Tu es un peu responsable, dis lui que Tu viens parce qu’il pourrait s’en prendre à sa mère, sa femme, sa fille ou sa nièce 😉
        Dis lui que oui Tu es coupable de politesse et que Tu assumes.
        Tu Te doutes bien que c’est à l’officier en Toi qu’il Te faut parler avant tout!

        Bisousssss !

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        1. Pour moi il n’y aucun doute possible, quand il a quitté le village ce petit jeu qui n’était qu’innoncent s’est terminé et le charme était rompu. Le revoir m’a fait plaisir mais je n’ai ressenti aucune attirance. D’où ma résistance et mon opposition.

          Si je me décidais à le signaler, je n’hesiterais pas à dire ce que tu viens d’écrire. Et c’est aussi pour protéger les autres mères, filles, soeurs de ce genre d’hommes que je me déciderais à parler ou à fièrement tenir tête devant ce genre de comportements indécents et inacceptables !

          Je t’embrasse !!

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  2. C’est très grave Julie, ce qui vient de t’arriver. Peut-être cela t’est-il arrivé il y a longtemps déjà ?

    Si tu le connais, si tu connais son nom, peut-être pourrais-tu aller porter plainte ? Je sais comme ça n’a rien d’évident … Fais-le si ça t’apaise.

    Cet homme t’a agressé impunément, sans aucune raison valable. Sans doute a-t-il parfaitement connaissance de son charme, sans doute est-il persuadé qu’aucune femme ne lui résiste, sans doute est-il comme ce violeur qui s’ignore dans « 13 reasons why » (j’espère que je ne te spoile pas, il me semble que tu l’as vue).

    Dans tous les cas, c’est un agresseur. Je suis sincèrement triste, et en colère. Je t’envoie toutes mes plus belles pensées. De là où je suis, je pense à toi. J’espère que tu es rassurée. J’espère que tu ne le recroiseras plus jamais et qu’il vit loin de toi, pour que tu n’aies pas peur de sortir et de le rencontrer encore.

    Tu n’as pas besoin de nous dire ce que tu portais, où ne portais pas. Ce que tu as dit, ou pas. Tu n’as pas dit « Serre-moi, ni embrasse-moi ». Il a tenté, tu as dit « Non ! », tu l’as repoussé.

    Passe une belle journée.

    Je t’embrasse affectueusement.

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    1. C’est arrivé hier soir, Rozie, et c’est la deuxième fois que je suis agressée de la sorte. La première fois, c’était au Havre, un homme m’avait suivi en voiture le matin, avait attendu que je ressorte de l’immeuble où habitaient un couple d’amis le soir et puis m’avait aspergé de parfum : je n’y voyais plus rien, il avait du champagne et des biscuits, il voulait manger à Mac’Do et ensuite m’emmener dans un hôtel où me faire un tas de choses… je suis sortie de la voiture en plein trafic à un feu rouge, et je suis rentrée dévastée. Le lendemain j’allais porter plainte, on m’a demandé de nombreuses fois comment était ma tenue, ce que je lui avais dit, comment je l’avais rencontré : il s’était simplement arrêté sur le côté de la route, avait demandé son chemin et ensuite avait demandé mon numéro et je ne lui avais pas donné, j’étais partie sans penser qu’il m’attendrait ainsi… La police ne l’a jamais retrouvé, je ne connaissais pas son nom et ils avaient l’air de penser que tout était de ma faute.

      Cette fois-ci, je connais le prénom de cet homme, je l’ai côtoyé pendant quelques semaines il y a plus de deux ans, nous nous croisons car nous travaillions dans le même village. Nous avons quelques regards l’un envers l’autre, un échange de mots, oui l’ambiance était électrique, l’attirance physique indéniable mais je n’avais jamais rien permis parce que je ne le voulais pas : ce petit jeu me faisait sourire mais jamais je ne l’avais invité à plus. Il avait disparu du jour au lendemain, sans laisser de traces, je n’avais pas eu de nouvelles jusqu’à le croiser hier soir, jusqu’à discuter un petit peu avec lui, et jusqu’à ce qu’il se comporte ainsi… Il a parfaitement conscience de son charme et est persuadé que je n’y résisterais pas… sauf que j’ai bien changé ces dernières années, je ne suis pas du tout dans le même état d’esprit et surtout je ne me considère plus comme un objet, j’ai de l’amour et du respect envers ma personne, me protégeant ainsi de ce genre de comportement et de rencontre. Je ne l’ai vraiment pas vu venir, je pensais qu’il entendrait ce nom, qu’il comprendrait d’un regard que je n’étais pas intéressée. Mais ça n’est pas le cas…

      Je m’attends à ce qu’il soit dans la région pour des raisons professionnelles, il conduisait une voiture de fonction. J’espère juste qu’il me laissera tranquille si je devais le croiser de nouveau. En tout cas, je l’ignorerai à l’avenir !

      Merci Rozie, et non tu ne m’as pas spoilé, j’ai regardé tous les épisodes…

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  3. J’ai lu ton article vite fait ce matin juste après avoir vu la video de cette journaliste qui se fait agresser par un jeune tennisman sous les applaudissements d’un Leconte hilare. Je n’ai pas pu le commenter de suite mais je tiens a te dire que j’ai été choquée par l’attitude de ce type. Ce genre de chose se banalise et c’est du coup la victime qui se demande si elle n’a pas été provocante. Ce qui t’est arrivé est inadmissible. Merci d’avoir eu le courage de l’écrire.

    Aimé par 2 people

    1. Si en plus les tennismen s’y mettent… quelle horreur quoi…
      Ce type a eu une attitude choquante, une attitude surtout que je n’accepte plus envers moi-même mais surtout de façon générale envers les femmes… Que nous nous connaissions un peu d’il y a quelques années, que nous ayons par le passé ressenti une attirance l’un pour l’autre bien qu’il ne se soit jamais rien passé, n’autorise en aucun cas le comportement qu’il a eu hier soir…
      Merci d’avoir répondu à cet article ❤

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    1. Merci beaucoup d’avoir laissé ce petit mot, mon récit est peut-être biaisé par ce qu’on appellerait « ma vérité », « mon point de vue ». Je ne minimise en rie mon comportement, je raconte les faits, et cet homme n’aurait pas dû se comporter ainsi.

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  4. J’avoue ne pas avoir lu les autres commentaires… Peut-être as-tu déjà répondu à cette question : n’est-il pas possible de porter plainte ? (contre X, j’ai vu que tu n’avais pas le nom de cet homme) car tu n’as rien fait de mal et tu as bel et bien été agressée… tu n’es coupable de rien de tout ! Courage Julie ❤

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    1. J’ai peur de faire ça. Peur de raconter l’histoire encore, qu’on me dise que je fais ma fille farouche et fragile, la pauvre petite victime tout simplement parce qu’on se connaissait un peu, qu’à une époque j’ai pu m’amuser un peu avec ce charme qu’il dégageait… j’ai peur qu’on m’accuse de l’avoir cherché, de l’avoir provoqué…

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  5. Non c’est non ma Julie déjà, il n’y a pas de « je n’aurais pas dû faire telle chose ». Ce sont des mecs qui sont malades, peu importe ce que tu leur dis, peu importe ce que tu portes, ils agiront par pulsion. Ce n’est pas toi la coupable mais la victime, même si parfois on inverse les rôles parce que justement on pense avoir fait quelque chose qui pouvait entraîner leur geste. J’ai juste lu le commentaire de Cécile comme elle est juste au-dessus du mien, mais je suis d’accord avec elle. En 2001 en automne, sur un parcours de santé, dans la forêt qui longe chez mes parents, j’étais vêtu d’un pull col roulé, d’un jean, d’un anorak et j’ai fini par terre avec ce connard sur moi… je suis rentrée en état de choc, mes parents m’ont emmenée à la gendarmerie, j’ai accepté de porter plainte, ils sont même revenus avec moi sur les lieux pour voir s’ils pouvaient trouver des traces de sperme comme il avait eu le temps d’éjaculer. Ils m’ont fait voir des portraits pour voir s’il était fiché, à chaque page j’avais peur de tomber sur son regard. Il n’y était pas. L’interrogatoire a duré un moment, il a fallu tout raconter c’est sûr. Répondre à la question : comment étiez vous habillée ? est-ce que quelque chose aurait pu l’attirer dans votre comportement ? Je me suis fermée comme une huitre à ce moment là… Ma mère n’a jamais réalisé ce qu’il avait fait. On était à table, j’essayais de manger les larmes aux yeux, elle a souri en disant « notre phiphine plait aux hommes »…. et là ça été la fin et je peux te dire qu’à l’heure actuelle je n’ai pas pardonné ça… J’étais anorexique à l’époque, je suis tombée dans la boulimie, je mangeais jusqu’à être capable d’oublier enfin ce regard, ses mains dégueulasses sur moi, son sexe contre mon pantalon. Et dès qu’il réapparaissait, je recommençais à me remplir. Quelques semaines après j’ai eu une lettre du tribunal comme quoi ma plainte était arrivée chez eux, que le service d’aide aux victimes était présent si j’avais besoin… j’ai tout déchiré en me disant que c’était trop tard, j’étais déjà de nouveau détruite par autre chose. J’ai mis énormément de temps à me remettre et son regard ne s’est jamais effacé. Ce qui m’a aidée c’est de me dire qu’il fallait au moins arrêter ce désastre sur mon corps parce que c’est comme s’il me souillait une 2nde fois, alors ça s’est estompé…
    Ne laisse pas ce geste. Faire la plainte est compliquée et elle arrache les tripes surtout quand ils posent ces fameuses questions… mais au moins c’est faire quelque chose. En parallèle de leurs questions qu’ils étaient obligés de me poser, ils m’ont répété que je n’étais pas coupable et qu’il ne faudrait jamais l’oublier. J’ai fini par y arriver, jusqu’à ce qu’un autre recommence au point de massacrer l’intérieur ce coup-çi… On n’est pas des objets, ni des morceaux de viande dont on peut disposer à sa guise. Je n’ai même pas de conseil à te donner ma belle 😦 à part celui de parler, de tout faire sortir, de te répéter inlassablement que c’est toi la victime et que tu n’es pas coupable, mais ne reste pas seule. A l’époque, vu le comportement de ma mère, je n’en ai plus jamais reparlé à qui que se soit, parce que j’avais honte, là où je n’aurais dû l’avoir… Mais j’aurais aimé pouvoir me confier en tout cas.
    Prends soin de toi ma belle Julie, ça met du temps, Habibi pourra t’aider beaucoup avec sa douceur je pense aussi. Je suis là en mp sur fb si je peux faire quoique se soit, tu n’es pas seule ❤ je pense à toi et te serre très fort dans mes bras. Gs gs bisous

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    1. Oh mon Dieu Delphine, je n’avais pas idée de ce par quoi tu étais passée… ❤ Mon coeur de femme saigne pour toi, et pleure avec toi et j'essaie de t'envoyer autant d'amour que possible. Quelle force tu as eu de parler à l'époque ! Même si bien sûr le commentaire de ta maman est très maladroit, elle voulait certainement essayer de dédramatiser la situation parce que dans ces cas-là, c'est plus facile à affronter… mais ça n'arrange rien.
      Habibi a su écouter. Puis il a dit également que son comportement pouvait être expliqué par mon comportement dans le passé, que peut-être avant quand on travaillait dans le même village, je l'avais laissé penser que j'étais une fille facile et qu'il pouvait se servir. Ok, je le regardais, je lui rendais ses oeillades parce que c'était un bel homme, parce que son charme me faisait sourire mais jamais oh grand jamais je n'ai tenté de faire quoi que ce soit et je n'ai eu envie de faire quoi que ce soit. Hier, quand je l'ai revu, je n'ai pas pensé mais juste au joli sourire que ça apportait de voir un visage familier absent depuis quelques temps… et puis j'ai vite déchanté, très vite déchanté quand j'ai compris qu'il ne voulait que ça : se presser contre moi, m'embrasser, me prendre et se faire plaisir. Il a dit "allez, on s'amuse, il n'y a pas de mal !" sauf que ça ne m'a pas amusé de me retrouver presque écrasée contre sa voiture puis poussée de force sur le siège, de sentir qu'il était excité et qu'il tentait de m'embrasser… non, ça ne m'a pas amusé du tout, et c'est bien au-delà d'un simple échange de regards et de sourires que je considérais à l'époque comme innocent…
      Alors voilà, je me suis bien trompée et c'est en ça que je me sens coupable : ai-je envoyé le mauvais message ? ne serais-je donc qu'un morceau de chair fraîche dont on peut se régaler ? Je suis fatiguée de ce genre de comportement, et je n'ai certainement pas envie de passer mon temps à faire la tête au lieu de sourire parce que de toute façon, quand un mec suit une pulsion, il n'en a rien à faire que tu dises non et que tu ne le regardes pas. Il te force ! Et ça, ça doit s'arrêter. Les hommes doivent arrêter de penser qu'ils peuvent nous traiter ainsi !

      Ma chérie, ma Delphine, je t'envoie autant d'amour que possible et si mes bras pouvaient t'atteindre, je te serrerais très fort pendant de longues minutes !! ❤

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  6. À aucun moment échanger des regards appuyés ça signifie qu’une personne est autorisée à faire ces choses-là. Le consentement est un concept très dur à saisir chez certaines personnes. Tu lui as dis non, et avec une personne sensée ça aurait dû suffire. Ces hommes qui sont persuadés qu’ils ont des droits sur nos corps, c’est révoltant. Tout est fait dans notre société pour qu’on culpabilise sur notre féminité et notre comportement. Je ne comprends pas que quand tu portes plainte on te demande comment tu étais habillée. Est ce que ça rend l’agression moins grave si tu étais en jupe ? N’importe quoi. J’espère que tu t’es apaisée depuis, et que tu as réussi à sortir du brouillard. Sache que, d’après ton récit, je te trouve fidèle à toi même, la personne souriante qu’on retrouve dans tes articles et photos instagram, au coeur simple et généreux. Il n’y a pas de « je n’aurais pas dû sortir » puisque c’était un élan naturel quand on revoit une personne depuis longtemps. Tu as dit non quand il fallait, et tu as su te défendre. Puise dans cette force que tu as en toi pour te guérir ❤ des bises Julie

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  7. Mais oui, ce mec à un sérieux problème ! Tu n’as rien à voir la dedans…Depuis quand on se jette sur les femmes comme ça, comme si on était un bout de viande ! Je n’arrive même pas a le croire… Tu as fait ce que tu avais à faire. C’est fou ça… Je t’embrasse chaleureusement.

    Aimé par 1 personne

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